La botanique est la science consacrée à l'étude des végétaux (du grec βοτανική; féminin du mot βοτανικός qui signifie « qui concerne les herbes, les plantes »). Elle présente plusieurs facettes qui la rattachent aux autres sciences du vivant. La botanique générale recouvre la taxinomie (description des caractères diagnostiques et différentiels), la systématique (dénombrement et classification des taxons dans un certain ordre), la morphologie végétale (décrivant les organes ou parties des végétaux), l'histologie végétale, la physiologie végétale, la biogéographie végétale et la pathologie végétale. Certaines disciplines, comme la dendrologie, sont spécialisées sur un sous-ensemble des végétaux. La connaissance fine des végétaux trouve des applications dans les domaines de la pharmacologie, de la sélection et de l'amélioration des plantes cultivées, en agriculture, en horticulture, et en sylviculture.
Selon les classifications scientifiques classiques un végétal est un organisme appartenant à l'une des diverses lignées qui végètent : c'est-à-dire qui respirent, se nourrissent, croissent comme les plantes, selon l'étymologie du terme. Contrairement à une idée largement répandue, le terme végétal ne désigne pas uniquement les plantes. Si l'on définit les plantes comme l'ensemble des organismes couramment reconnus comme les « végétaux verts », elles forment un groupe monophylétique comprenant les algues vertes et les plantes terrestres, constituant le taxon des Chlorobiontes. Au sens phylogénétique et dans les classifications modernes, le « règne végétal », dans son contenu traditionnel, n'existe plus et les végétaux sont un terme trop vague.
Le règne végétal est un assemblage polyphylétique d’organismes photosynthétiques et dont les cellules ont une paroi faite de cellulose. Ce groupe est formé de deux lignées, l’une d’algues, et la seconde de plantes terrestres, qui comprennent notamment les bryophytes (mousses et hépatiques), fougères (ptéridophytes), gymnospermes et angiospermes.
La botanique, discipline d'étude des végétaux a identifié environ :
- 300 000 espèces de plantes à fleurs, diversifiées depuis le Crétacé,
- 900 espèces de Gymnospermes (Conifères, Cycades, Gnétales), diversifiées depuis probablement la fin du Carbonifère,
- 20 000 espèces de fougères, diversifiées depuis le début du Carbonifère,
- 10 000 espèces de mousses
- 4 000 d’hépatiques.
Les champignons ne sont plus classés dans le règne végétal, et forment le règne identifié des Fungi.
Les algues forment un ensemble polyphylétique (algues vertes, brunes, etc...).
La botanique a progressivement écarté le terme « végétal » de son vocabulaire.
Au début du XXe siècle, on répartissait les végétaux selon les trois grandes catégories suivantes :
En 1969 Robert Harding Whittaker proposait une classification à cinq règnes dans lequel le règne végétal Plantae complétait quatre autres règnes : les protistes (unicellulaires), les monères, les Fungi (champignons), et les animaux.
Cette classification n'est encore retenue de nos jours que pour les organismes multicellulaires (animaux, champignons, plantes).
Ainsi la classification moderne des Eucaryotes a évacué le terme de « végétal » car les espèces ainsi réunies formaient un groupe polyphylétique. On lui préfère aujourd'hui les termes plus précis de Chlorobionte (algues vertes et plantes terrestres), algues rouges, algues brunes, etc. qui désignent des groupes monophylétiques aux caractères bien définis.
Les végétaux sont des eucaryotes pluricellulaires réalisant la photosynthèse et cela grâce à des organites bien particuliers.
Les cellules végétales se distinguent des autres cellules eucaryotes par une paroi pectocellulosique faite de cellulose et de protéines et par la vacuole faisant partie de leur vacuome.
Les végétaux n’ont pas de neurones et donc pas de système nerveux structuré. Ils disposent cependant de mémoire et réagissent aux stimuli au même titre que les animaux. Les informations et les réactions sont transmises par les cellules du liber sous forme de signal électrique. Stefano Mancuso du Laboratoire international de neurobiologie végétale à Sesto Fiorentino, près de Florence, estime que les végétaux ont une sorte de cerveau diffus, alors que chez les animaux tout est concentré dans un même organe.
Les eucaryotes (ou Eukaryota) sont un domaine regroupant tous les organismes, unicellulaires ou pluricellulaires, qui se caractérisent par la présence d'un noyau et généralement de mitochondries dans leurs cellules. Il s'oppose aux domaines des Eubacteria et des Archaea.
Selon la nomenclature de Whittaker et Margulis (1978), les Eucaryotes rassemblent quatre grands règnes du monde du vivant : les animaux, les champignons, les plantes et les protistes (ou bien les protozoaires), auxquels il convient d'ajouter les chromistes selon la nomenclature de Cavalier-Smith (1981), ce dernier proposant en 1998 d'intégrer ces règnes dans les deux empires des Prokaryota et Eukaryota. Cependant, la pertinence de ces règnes est remise en cause par les tenants du cladisme qui considèrent — à l'inverse des évolutionnistes — qu'il est préférable de ne pas reconnaître de groupes paraphylétiques (comme les protistes ou les protozoaires par exemple).
Le terme protistes, créé par Ernst Haeckel, désigne les eucaryotes unicellulaires, c'est-à-dire, autres que les animaux (Métazoaires), champignons (Eumycètes), et plantes (des Embryophytes aux Archaeplastida, selon les définitions). Ce groupe est très hétérogène, tant du point de vue anatomique que physiologique. Il réunit des organismes à organisation cellulaire dite simple, unicellulaires le plus souvent, multicellulaires parfois mais sans tissus spécialisés. Certains sont autotrophes (p. ex. : microalgues), d'autres sont hétérotrophes (p. ex. : protozoaires se nourrissant de microalgues).
Les protistes sont un groupe paraphylétique dans la classification phylogénétique. Ils étaient, en classification classique, le quatrième règne du domaine des eucaryotes mais on les définit actuellement par exclusion, c'est-à-dire que ce sont tous les eucaryotes n'appartenant ni aux champignons, ni aux plantes et ni aux animaux.
Constituant les bases du réseau trophique marin, ils jouent un rôle majeur dans les cycles biogéochimiques, les réseaux trophiques et ils constituent une part importante de la biodiversité et peut-être plus encore de la « biodiversité fonctionnelle » : sur environ 300 000 espèces estimées existantes, les 2/3 pourraient être assez largement distribuées, dans les océans notamment et 100 000 environ pourraient avoir une distribution plus restreinte.
Ils rendent d'importants services écologiques, en particulier pour l'épuration de l'eau, la régulation du CO2 et des minéraux dans l'eau, la pêche, la récolte de coquillages et l'aquaculture.
La photosynthèse (du grec φῶς phōs « lumière » et σύνθεσις sýnthesis « combinaison ») est le processus bioénergétique qui permet à des organismes (comme les bactéries photoautotrophes) de synthétiser de la matière organique en utilisant l'énergie lumineuse. Elle apparaît il y a 3,7 milliards d’années chez des réductrices.
Elle désigne en particulier la photosynthèse oxygénique apparue chez les oxyphotobactéries il y a 2,45 milliards d’années, qui a produit un bouleversement écologique majeur en faisant évoluer l'atmosphère alors riche en méthane, en l'actuelle, composée notamment de dioxyde de carbone et de dioxygène. Cette aptitude a été ensuite transmise aux eucaryotes photosynthétiques (algues, plantes, etc.) par endosymbioses successives. Des glucides, par exemple des oses tels que le glucose, sont synthétisés à partir du dioxyde de carbone CO2 et de l'eau H2O avec libération d'oxygène O2 comme sous-produit de l'oxydation de l'eau. C'est la photosynthèse oxygénique qui maintient constant le taux d'oxygène dans l'atmosphère terrestre et fournit toute la matière organique ainsi que l'essentiel de l'énergie utilisées par la vie sur Terre.
Tous les organismes photosynthétiques ne réalisent pas la photosynthèse de la même façon, mais ce processus commence toujours par l'absorption de l'énergie lumineuse par des protéines appelées centres réactionnels qui contiennent des pigments photosynthétiques appelés chlorophylles. Chez les plantes, ces protéines se trouvent dans la membrane des thylakoïdes, des structures incluses dans les chloroplastes, présents essentiellement dans les feuilles, tandis que chez les bactéries elles sont incluses dans la membrane plasmique. Au cours de ces réactions dépendantes de la lumière, une partie de l'énergie lumineuse sert à exciter des électrons d'une substance donneuse, le plus souvent de l'eau, électrons qui servent à leur tour à produire du nicotinamide adénine dinucléotide phosphate réduit (NADPH) ainsi que de l'adénosine triphosphate (ATP).
Chez les plantes, les algues et les cyanobactéries, les glucides sont produits par une série de réactions indépendantes de la lumière appelées cycle de Calvin, mais certaines bactéries utilisent d'autres voies métaboliques pour réaliser la fixation du carbone, comme le cycle de Krebs inverse. Dans le cycle de Calvin, le CO2 atmosphérique est fixé sur des composés organiques tels que le ribulose-1,5-bisphosphate. Les composés formés sont ensuite réduits et convertis par exemple en glucose à l'aide du NADPH et de l'ATP formés à la suite des réactions dépendantes de la lumière. La photosynthèse est ainsi la principale voie de transformation du carbone minéral en carbone organique. En tout, les organismes photosynthétiques assimilent chaque année entre 100 et 115 milliards de tonnes de carbone en biomasse[].
Les premiers organismes photosynthétiques sont probablement apparus très tôt au cours de l'évolution et devaient sans doute utiliser des réducteurs tels que l'hydrogène H2 et le sulfure d'hydrogène H2S au lieu de l'eau. Les cyanobactéries sont apparues plus tard, et l'excès d'oxygène alors libéré dans l'environnement aurait contribué à la « Grande Oxydation » il y a environ 2,4 milliards d'années, rendant possible l'évolution des êtres vivants vers des formes de vie plus complexes. Aujourd'hui, la puissance moyenne captée par la photosynthèse à l'échelle du globe avoisine 130 térawatts, , ce qui équivaut à environ six fois l' humanité.