- BOTANISTE JEAN-MARC GIL TOUT SUR LA BOTANIQUE
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- VERBENACEAE
- Verbena officinalis - Verveine officinale.
Verbena officinalis - Verveine officinale.
Verbena officinalis - Verveine officinale
(Verbenaceae)

La Verveine officinale ou Verveine sauvage (Verbena officinalis) est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Verbénacées est une plante herbacée annuelle ou vivace. Elle est parfois appelée Herbe sacrée, Veine de Vénus, Herbe aux sorcières ou Herbe à pigeon (péristéréos).
Essentiel à retenir
La verveine officinale est une plante européenne commune, discrète mais riche en iridoïdes (verbénaline, verbénine, hastatoside), tanins, flavonoïdes et verbascoside, lui conférant des propriétés digestives, anti‑inflammatoires, calmantes, cicatrisantes et légèrement diurétiques.
Caractères diagnostiques (pour différencier sur le terrain)
- Tige quadrangulaire : c’est LE critère le plus fiable. Toujours vérifier au toucher.
- Feuilles inférieures profondément découpées : pennatipartites, segments étroits, presque plumeux.
- Feuilles supérieures entières ou légèrement dentées, sessiles.
- Inflorescences en épis très lâches, presque filiformes, souvent ramifiés.
- Fleurs minuscules (4–5 mm), lilas pâle, rarement franchement violettes.
- Aspect général : plante discrète, élancée, souvent « maigre », jamais dense comme une verveine citronnelle.
Confusions possibles
- Verbena hastata : épis plus denses, fleurs plus bleues, plante plus robuste.
- Linaria vulgaris : port similaire mais fleurs jaunes très distinctives.
- Plantago lanceolata (de loin) : épis serrés, feuilles lancéolées → confusion fréquente chez les non‑initiés.
Description botanique
- Famille : Verbenaceae
- Port : plante herbacée vivace de 30 à 80 cm, tige quadrangulaire, dressée, rameuse, scabre.
- Feuilles : opposées ; les inférieures pennatipartites à pennatifides, profondément découpées ; les supérieures plus simples, sessiles.
- Inflorescence : épis terminaux grêles et lâches, formant une panicule ramifiée.
- Fleurs : petites (4–5 mm), lilas pâle à bleu‑violet, corolle tubuleuse à 5 lobes.
- Fruit : tétrakène (nucule).
Plantule
La plantule a une tige quelquefois courte et des feuilles opposées. Elle est couverte de poils simples ou glanduleux.
- Les cotylédons sont de petite taille (5 mm x 2 mm). Le limbe, ovale-allongé, a une nervure médiane sur sa face inférieure ; le pétiole mesure 2 mm.
- Les deux premières feuilles, elliptiques, à nervures peu visibles, sont entières puis faiblement dentées.
- Les troisième et quatrième feuilles, elliptique-allongées, sont nettement dentées. Les suivantes (4) sont rapidement lobées-dentées. Plus tardivement, les feuilles adultes apparaissent divisées en segments dentés voire incisés. À l’exclusion des premières, toutes les feuilles présentent un pétiole nettement foliacé. Les nervures, nombreuses, profondément imprimées dans le limbe, font saillie à la face inférieure. Une pilosité courte, abondante sur les pétioles et à la face inférieure des feuilles, recouvre la plantule. La face supérieure des feuilles est vert sombre, tandis que la face inférieure est vert blanchâtre. Les bourgeons axillaires et cotylédonaires démarrent précocement.

Pousse
L’espèce, pluriannuelle, se multiplie à partir de pousses végétatives, issues de la base de la tige. Au cours de l’hiver dans le sud de la France, les pousses allongées d’emblée, courtes et denses, simulent une rosette. Les caractéristiques foliaires, l’évolution de la forme et du mode de découpure du limbe sont semblables à celles de la plantule.
Plante adulte
La verveine officinale est une plante pluriannuelle, ramifiée de 40 à 80 cm. Les tiges quadrangulaires et canaliculées alternativement d’un entre-nœud à l’autre, sur deux faces opposées sont munies de quelques poils rigides, courts et épars qui rendent leur toucher rugueux.
(5) Les feuilles opposées sont pubescentes. Le limbe, divisé généralement en trois, voire cinq segments, eux-mêmes dentés ou incisés, se rétrécit en un pétiole foliacé.
La floraison s’étale de juin à octobre. Les fleurs, petites, un peu zygomorphes, bleu pâle, lilas ou blanchâtres, sont disposées en longs épis filiforme lâches, groupés à leur tour en une panicule terminale. Le fruit oblong, longtemps enfermé dans le calice, est constitué de quatre akènes à face ventrale lisse, la dorsale étant joliment striée.

Distribution-Écologie-Nuisibilité
L’espèce est commune dans toute la France. Rudérale notoire, elle est peu fréquente et peu abondante en culture. Liée aux prairies mal installées et aux assolement fourragers, elle se rencontre également dans le maïs, les tournesols et les sojas. Assez peu nuisible, elle est présente sur tous les sols de culture.
Habitat et répartition
- Plante indigène d’Europe, d’Afrique du Nord, du Moyen‑Orient et d’Asie de l’Ouest.
- Présente dans les prairies, pâturages, jardins, terrains vagues, talus ensoleillés, vignes, vergers.
- Préfère les sols alcalins, modérément fertiles, bien drainés, mais tolère une large gamme de sols.
- Ne supporte ni l’ombre ni les milieux très salins.
- Très répandue en France, y compris en zones tempérées comme Auvergne‑Rhône‑Alpes.
Composition active
- Iridoïdes : verbénaline, verbénine, hastatoside
- Verbascoside (dérivé de l’acide caféique)
- Tanins
- Flavonoïdes
- Principes amers
- Huile essentielle
Propriétés médicinales
Usage interne
- Digestif : stimule l’appétit, facilite les digestions difficiles, soulage maux de ventre, diarrhée.
- Anti‑inflammatoire : action proche de l’aspirine via modulation des prostaglandines.
- Nerveux : apaisante, anti‑stress, utile en cas de nervosité, troubles du sommeil légers.
- Antispasmodique et antitussive.
Usage externe
- Cicatrisante, utile pour contusions, coups, gerçures, piqûres d’insectes.
- En Asie de l’Est : traitement topique des plaies et de l’arthrite.
Préparations traditionnelles
- Infusion (usage interne) : feuilles ou parties aériennes séchées.
- Décoction (usage externe) : cataplasmes pour contusions.
- Teinture, extrait fluide.
Précautions
- Grossesse : contre‑indiquée (effet stimulant sur l’utérus).
- Surdosage : vomissements possibles.
- Aucune interaction connue.
Histoire et ethnobotanique
- Plante sacrée chez les Celtes, Gaulois, Grecs et Romains : purification, rituels, prédictions.
- Utilisée comme vulnéraire par les soldats romains.
- Au Moyen Âge : associée aux philtres, enchantements, herbes de sorcières.
- Nom latin verbena : rameaux sacrés utilisés pour orner les autels.
Usages modernes
- Phytothérapie : digestive, calmante, anti‑inflammatoire.
- Cosmétique : lotions, huiles, savons, exfoliants.
- Alimentaire : aromatisation de boissons.
En résumé
La verveine officinale est une plante médicinale polyvalente, discrète mais riche en principes actifs, utile pour :
- Apaiser le stress et les troubles digestifs,
- Réduire les inflammations,
- Favoriser la cicatrisation,
- Soutenir les soins externes (contusions, irritations).
Elle possède une histoire rituelle fascinante, une répartition large en Europe, et reste une plante précieuse en phytothérapie contemporaine.
Verbena officinalis

Verveine officinale
Caractères généraux

Verveine officinale.
La verveine officinale est une plante vivace de 20 à 70 cm de haut, à racine fusiforme et jaunâtre. C'est une plante dressée ou ascendante, toujours plus ou moins pérennante et normalement de plus de 15 cm de haut.
Les tiges, de 15 à 40 cm, sont légèrement velues, quadrangulaires, canaliculées alternativement sur deux faces opposées, ramifiées puis dressées.
Les feuilles sont opposées ; celles du bas sont pétiolées, ovales ou cunées, dentées ou 1-pennatipartites.
Les fleurs bleuâtres ou liliacées, sont petites, sessiles et disposées en longs épis filiformes lâches, disposés en panicule terminale. Chaque fleur porte à la base une languette verte ou bractée de moins de 3 mm de long (plus courte que le calice). La corolle en entonnoir comporte un tube saillant, à limbe presque plan et à 5 lobes, presque égaux.
Le fruit se compose de quatre akènes qui se séparent à maturité.
Caractéristiques
Organes reproducteurs
- Couleur dominante des fleurs : violet pâle
- Période de floraison : juin-octobre
- Inflorescence : épi simple
- Sexualité : hermaphrodite
- Ordre de maturation : homogame
- Pollinisation : entomogame, autogame
Graine
- Fruit : tétrakène se séparant à maturité en 4 akènes
- Dissémination : barochore
Habitat et répartition
- Habitat type : friches vivaces mésoxérophiles, médioeuropéennes
- Aire de répartition : cosmopolite

Verveine officinale

Inflorescence de verveine officinale

Gros plan sur une inflorescence de verveine officinale

La tige de la verveine officinale est canaliculée sur deux faces opposées.

Feuilles de verveine officinale
Culture
La verveine officinale indigène se trouve dans les prairies et au bord des chemins.
Sa culture est facile, par semis au printemps ou par bouturage.
Usage
Sources antiques
Scribonius rapporte l'utilisation de la verveine officinale (hierobotane ou hiera botane) pour éloigner les serpents (Compositiones, CLXIII), tout comme Dioscoride (4, 60, 1). Nicandre (Les Thériaques, 860) rajoute la prescription de tracer un cercle autour de la plante avant de la cueillir.
Pline l'Ancien la présente en détail dans plusieurs passages de son Histoire naturelle. Comme dans celui-ci, où il expose le principe de clarigation :
« En attendant, nous nous mettrons au-dessus des préjugés, et nous dirons en quelle estime il faut tenir même des herbes muettes, c'est-à-dire sans renom. Les auteurs et fondateurs de l'empire romain en ont tiré d'immenses résultats, puisque ces herbes constituèrent les sagmina des calamités publiques, et les verbenae des sacrifices et des ambassades : ces deux noms signifient la même chose, à savoir le gazon arraché de la citadelle avec sa motte de terre; et toujours, parmi les députés envoyés à l'ennemi pour la clarigation, c'est-à-dire pour redemander clairement les choses enlevées, un s'appelait verbenaire. »
Ou plus longuement ici, où il présente ses nombreuses propriétés :
« Mais aucune plante n'a parmi les Romains plus de renom que l'hiérabotane (herbe sainte). Quelques-uns la nomment péristéréos (herbe à pigeon) ; les Latins, verveine. C'est l'herbe, comme nous l'avons dit, que portaient dans leurs mains les ambassadeurs envoyés à l'ennemi. C'est avec elle qu'on balaye la table de Jupiter, qu'on fait les purifications et expiations pour les maisons. Il y en a deux espèces : l'une très feuillée, que l'on croit être la femelle (verbena supina); l'autre, la verveine mille (v. officinalis), à feuilles plus clairsemées. Toutes deux ont des branches nombreuses, menues, longues d'une coudée et anguleuses. Les feuilles sont plus petites que celles du chêne, plus étroites, et plus profondément divisées. La fleur est glauque, la racine longue et menue. Cette plante croit partout, dans les plaines humides. Quelques-uns n'admettent aucune distinction, et des deux ne font qu'une espèce, vu que les effets sont les mêmes.
Les Gaulois emploient l'une et l'autre pour tirer les sorts et prédire l'avenir. Mais les mages surtout débitent des folies sur cette plante : ils disent que si on s'en frotte on obtient ce qu'on veut, on chasse les fièvres, on se concilie les amitiés, on guérit toute maladie ; qu'il faut la cueillir vers le lever du Chien, de manière à n'être vu ni de la lune ni du soleil, et après avoir donné en expiation à la terre des rayons et du miel ; qu'il faut la circonscrire avec le fer, l'arracher de la main gauche et l'élever en l'air, puis faire sécher à hombre, séparément, les feuilles, la tige et la racine. Ils ajoutent que si on asperge une salle à manger avec l'eau où elle a trempé, les repas deviennent plus gais. On la pile dans du vin, contre les morsures des serpents.
à l'araignée phalange [on oppose comme antidote], la verveine avec du vin ou de l'oxycrat, ainsi que la quinte-feuille et le daucus.
On donne le nom de péristéréos (verveine) à une plante dont la tige est haute, garnie de feuilles, et qui pousse d'autres tiges de sa tête. Cette plante est très recherchée des pigeons, d'où lui vient le nom qu'elle porte. Les chiens n'aboient pas, dit-on, après ceux qui en ont sur eux.
Le péristéréos (verveine) est bon aussi pour la céphalalgie.
Le verbascum s'emploie en cataplasmes pour les fluxions des yeux, ainsi que la verveine avec de l'huile rosat ou du vinaigre.
Le suc de la racine d'hièble pilée, d'abord passé par un linge, puis épaissi au soleil, enfin, quand on s'en sert, délayé avec l'huile rosat et chauffé, guérit les parotides ; ainsi fait la verveine, ainsi le plantain, ainsi la sidéritis avec du vieux oing.
L'aristoloche raffermit les gencives et les dents. La verveine, mâchée avec la racine, ou bouillie avec du vin ou du vinaigre, qu'on emploie en collutoire, produit le même effet. »
Le passage sur les Gaulois vaut à cette plante une entrée dans le Dictionnaire de la Mythologie et de la Religion Celtiques de Philippe Jouët.
Après l'Antiquité
On utilise les sommités fleuries.
En tisane, elle est diurétique, antipyrétique et astringente. Elle s'utilise surtout en mélange. Dans certaines régions elle faisait partie des plantes de la Saint-Jean.
En lotion, elle a une activité détergente.
Les conclusions d’expériences scientifiques estiment que la verveine aurait une action prometteuse sur les œstrogènes et la progestérone et stimulerait donc aussi les muscles de l’utérus et la montée de lait. En effet il semble que la verveine ait une action hormonale reconnue par différentes sources, et jouerait sur l’inhibition de la thyréotrope (TSH) et les hormones thyroïdiennes.
Date de dernière mise à jour : 19/08/2026
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