LES PLANTES MELLIFÈRES

jean-marc gil Par Le 06/04/2026

 LES PLANTES MELLIFÈRES

Définition

Les plantes mellifères sont les plantes qui produisent du nectar, du pollen, ou du miellat en quantité et qualité suffisantes pour nourrir les insectes pollinisateurs, en particulier les abeilles domestiques (Apis mellifera) et de nombreuses abeilles sauvages.

Le terme mellifère vient du latin mel (miel) et ferre (porter) : ce sont donc littéralement des plantes « qui portent le miel ».

Les plantes mellifères sont les plantes produisant de bonnes quantités de nectar et de pollen de bonne qualité et accessibles par les abeilles.

Certaines abeilles mellifères (Apis, Trigona, Melipona…) transforment le nectar en miel. Le pollen est utilisé par ces abeilles en le mélangeant au nectar, ou au miel et à des sécrétions glandulaires régurgitées pour produire du pain d'abeille pour nourrir les larves ouvrières.

Beaucoup de plantes sont nectarifères, mais seulement une partie peut être butinée par les abeilles domestiques, du fait de leur morphologie (encombrement du corps, longueur de la trompe…). Mais il existe près de 1 000 espèces d'abeilles sauvages en France et 20 000 espèces dans le monde.

L'apiculture classe une plante comme mellifère lorsque celle-ci est exploitable par l'abeille domestique.

Valeur apicole

La valeur apicole d'une plante décrit sa capacité à fournir des matières premières à la ruche pour son exploitation par l'apiculture, ces matières étant :

  • Le nectar, principal composant du miel ;
  • Le pollen, ingrédient de la gelée royale, présent par traces dans le miel ;
  • La propolis, utilisée comme mortier et anti-infectieux ;
  • Le miellat, utilisé en complément du nectar.

Le nectar fournit essentiellement des glucides[3]. De compositions très diverses selon les espèces de plantes pollinifères, le pollen est particulièrement précieux pour la ruche, car il est son unique source de protéines, de lipides, d’acides aminés, d’antioxydants, d’oligoéléments et autres vitamines (B, C, E et H). Le pollen contient également de l’azote, des stérols, des acides organiques, des acides nucléiques, des enzymes et des pigments en concentration variable. Le métabolisme stérolique des abeilles est probablement un aspect clef de leur physiologie.

L'abondance et la qualité de ces produits dépendent des espèces et de leur environnement.

Les besoins en pollen d’une colonie d’abeilles sont estimés entre 20 et 40 kg par an et la consommation individuelle d'une abeille est évaluée entre 3,4 et 4,3 mg de pollen par jour[7]. De nombreuses autres espèces d’insectes, pas seulement de l’ordre des hyménoptères, trouvent dans le pollen une importante source de nutriments. Les grains de pollen, qui sont les organes de reproduction mâles des plantes, sont récoltés par les ouvrières butineuses. Avec leurs pattes, elles brossent et rassemblent les grains, y ajoutent un peu de nectar pour former des pelotes et les ramènent à la ruche sur leur troisième paire de pattes. La quantité et la qualité de l’alimentation pollinique dans la bouillie larvaire influe directement sur le développement des glandes hypopharyngiennes, sur l’évolution des organes sexuels, sur la taille, sur la santé et la durée de vie des jeunes abeilles ouvrières.

La qualité d'un pollen et sa teneur en protéines influencent fortement les performances de l'abeille qui le consomme. La teneur en protéines n’est cependant pas le seul facteur déterminant la valeur nutritive du pollen. En effet, la balance en acides aminés ainsi que le profil stérolique ont toute leur importance. De Groot (1953) a déterminé que 10 acides aminés (la thréonine, la valine, la méthionine, l’isoleucine, la leucine, la phénylalanine, l’histidine, la lysine, l’arginine et le tryptophane) étaient essentiels à Apis mellifera et que ceux-ci devaient se trouver en une certaine proportion.

Les protéines consommées déterminent la taille et la longévité de l'insecte. La teneur en protéines des différents pollens est très variable selon la fleur qui le produit : certains pollens parmi les moins intéressants contiennent moins de 10 % de protéines (forsythia, maïs), alors que d’autres en contiennent plus de 50 %. Différentes études ont montré que les abeilles récoltent le pollen d’un nombre relativement limité de fleurs et se concentrent (si elles ont le choix bien sûr) sur les pollens dont la teneur en protéines varie entre 12 et 60 %. Il n’y a pas que la teneur en protéines qui importe dans la composition du pollen, il y a aussi la proportion de lipides, de sucres, d’acides aminés, d’antioxydants... l’ensemble donnant ce que l’on appelle le facteur nutritionnel du pollen. La diversité, la valeur nutritionnelle et l’abondance du pollen contribuent à la qualité et à la production du vitellus (vitellogénine) dans lequel sont fabriqués tous les anticorps qui sont transmis aux futures abeilles.

Certains sucres tels que le mannose, le lactose, le xylose ou le galactose s’avèrent être des composés toxiques pour les abeilles et se retrouvent dans un certain nombre de pollens.

Meilleures plantes mellifères

En Europe

Article détaillé : Liste de plantes mellifères en Europe.

Les abeilles ont besoin d'une alimentation variée et de floraisons étalées sur toute la saison pour avoir en permanence de quoi se nourrir correctement. On pourra donc planter près d'une ruche des arbres, des arbustes ou des vivaces riches en bon pollen et nectar et florissant successivement toute la saison.

Parmi les espèces annuelles et les vivaces riches répondant à ces critères, on peut citer :

Parmi les arbustes et les arbrisseaux, on peut citer :

Parmi les espèces vivaces dites succulentes, on peut citer :

Parmi les arbres, on peut citer par ordre de floraison au cours de la saison :

En Australie

L’Australie possède une flore endémique mellifère très diverse.

Les espèces les plus notables sont les suivantes :

L'Australie possède une flore mellifère importante et unique, notamment les Eucalyptus et une grande diversité de plante endémique.

Calendrier des floraisons

Si les abeilles ne manquent généralement pas de sources d'alimentation au printemps, cela peut être le cas en début ou en fin de saison. L'apiculteur doit donc veiller à trouver des sources alimentaires toute la saison surtout dans les zones de grandes cultures où le manque de ressources en fin de saison peut compromettre la constitution des réserves (miel et pollen) importantes pour la survie des colonies durant l’hiver. Pour remédier à cette situation, le positionnement des ruchers à proximité des rares plantes en fleurs en fin d’été et à l’automne est une pratique courante chez les apiculteurs présents dans les plaines céréalières.

Pour la survie des colonies en hiver, les couverts fleuris et les habitats naturels boisés améliorent la vitalité des abeilles mellifères. Les chercheurs ont montré qu’une protéine aux propriétés antioxydantes, la vitellogénine, est associée à une augmentation de 30 % de la probabilité de survie des colonies en hiver[12]. La production de cette protéine de vitalité est favorisée par la qualité de l’environnement dans lequel les abeilles se préparent à l’hiver, notamment la présence de couverts fleuris implantés par les agriculteurs en automne et de ressources liées aux habitats naturels. Les colonies composées d’individus avec des forts taux de vitellogénine ont atteint des taux de survie hivernale d’environ 90 % contre 60 % pour les colonies composées d’individus avec des faibles taux de vitellogénine.

L’implantation par les agriculteurs de cultures intermédiaires à base de plantes produisant du nectar et du pollen dès le mois de septembre (moutarde blanche et brune, trèfle d’Alexandrie, vesces pourpre et commune, phacélie, tournesol) augmente la diversité des ressources collectées par les abeilles et par conséquent participe à l’amélioration de leur vitalité. Mais l’effet le plus significatif a été obtenu grâce aux milieux naturels, tels que les haies et lisières forestières.

Caractéristiques d’une bonne plante mellifère

Une plante mellifère utile aux pollinisateurs se distingue par :

  • Une floraison abondante,
  • Une production régulière de nectar/pollen,
  • Une accessibilité des fleurs (morphologie adaptée aux insectes),
  • Une floraison étalée dans le temps pour couvrir les périodes de disette (fin d’hiver, été sec).

Quelques exemples emblématiques

Début de saison (février–mars)

  • Saule marsault (Salix caprea)
  • Noisetier (Corylus avellana)
  • Pissenlit (Taraxacum officinale)

Saison principale (avril–juillet)

  • Aubépine, prunellier, pommiers
  • Trèfles, luzerne, phacélie
  • Lavande, romarin, thym

Fin de saison (août–octobre)

  • Lierre (Hedera helix) — ressource cruciale
  • Solidage, asters
  • Sarrasin

Intérêt écologique

Les plantes mellifères sont essentielles pour :

  • Maintenir les populations d’abeilles sauvages,
  • Soutenir l’apiculture,
  • Favoriser la pollinisation des cultures,
  • Renforcer la biodiversité floristique et faunistique.

Dans une région comme Auvergne–Rhône-Alpes, où vous êtes actif, elles jouent un rôle majeur dans les paysages bocagers, les friches, les lisières forestières et les zones de montagne.

Voici une liste structurée et fiable de plantes mellifères

1. Lisières, haies et boisements clairs

Ces espèces sont cruciales pour les abeilles au début du printemps, période de disette.

 
Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !