AVICENNE.
AVICENNE
Avicenne (Ibn Sīnā) (980-1037)
Portrait biographique
Avicenne, de son nom complet Abū ʿAlī al-Husayn ibn Abd Allāh ibn Sīnā, est l'un des plus grands savants de l'histoire de l'humanité. Philosophe, médecin, naturaliste, astronome et mathématicien persan, il naît en 980 à Afshana, près de Boukhara (actuel Ouzbékistan), et meurt en 1037 à Hamadān, en Iran.
Ses contemporains le surnommaient « le Prince des savants » ou « le Maître par excellence ». Son œuvre a profondément marqué la médecine, la philosophie et les sciences tant dans le monde islamique qu'en Europe médiévale.

Ibn Sina (Avicenne) - miniature persane.
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Naissance |
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Décès |
Août 1037 (à 57 ans) |
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Sépulture |
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École/tradition |
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Principaux intérêts |
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Idées remarquables |
Illumination, angélologie, cause efficiente |
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Œuvres principales |
Canon de la médecine |
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Influencé par |
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A influencé |
Ibn Tufayl, Averroès, Sohrawardi, Thomas d'Aquin, Duns Scot, Maître Eckhart, Deleuze |
Ibn Sina (en persan : ابن سینا), connu en Occident sous le nom d'Avicenne (du latin médiéval Avicenna), est un philosophe et médecin persan, né le 7 août 980 à Afshona, près de Boukhara, dans l'actuel Ouzbékistan et mort en août 1037 à Hamadan (Iran). Il est l'auteur d'ouvrages de référence en médecine et en philosophie, ainsi que de sciences voisines comme l'astronomie, l'alchimie, et la psychologie, rédigés principalement en arabe classique.
Ses disciples l'appelaient cheikh el-raïs, c'est-à-dire « prince des savants », Maître par excellence, ou encore le troisième maître (après Aristote et Al-Fārābī).
Ses œuvres principales sont l'encyclopédie médicale Qanûn (« Canon de la médecine ») et ses deux encyclopédies scientifiques le Livre de la guérison (de l'âme) et Danesh-e Nâma (« Livre de science »).
Dans son Qanûn, il opère une vaste synthèse médico-philosophique avec la logique d'Aristote, combinée avec le néo-platonisme, élevant la dignité de la médecine comme discipline intellectuelle, compatible avec le monothéisme. Son influence sera prédominante dans l'Occident médiéval latin jusqu'au XVIe siècle.
Si son œuvre médicale n'a plus qu'un intérêt historique, son œuvre philosophique se situe au carrefour de la pensée orientale et de la pensée occidentale. Elle reste étudiée au début du XXIe siècle aussi bien dans le cadre de l'islam que de la philosophie académique.
Nom
Son nom persan, Ibn Sina, signifie « fils de Sina » (ابن سینا (Ibn-e Sinâ) ou پور سینا (Pur-e Sinâ) ; son nom arabe complet est Abū ʿAlī al-Ḥusayn ibn ʿAbdillāh ibn al-Ḥasan ibn ʿAlī ibn Sīnā (أبو علي الحسين بن عبد الله بن الحسن بن علي بن سينا).
Contexte historique
Aux VIIe et VIIIe siècles, premiers siècles de l'hégire pour le monde musulman, les conquérants arabes se trouvent en présence de communautés appartenant surtout au christianisme oriental en Égypte, Palestine, Syrie et Mésopotamie. Ces communautés avaient déjà produit des traductions des œuvres, du grec au syriaque[3],[4]. Ce travail se poursuit jusqu'au XIIIe siècle.
De 750 à 850, période des califes Abbassides, la science arabo-musulmane est en plein essor. Les traducteurs des califes utilisent d'abord les versions syriaques, puis les textes grecs, pour les traduire en arabe. Le philosophe al-Fārābī (mort en 950), « le second maître » (en référence au premier maître, Aristote), tient une place prépondérante dans cette dynamique.
Dans le monde iranien, alors sous domination arabe, la culture arabe se confronte avec la culture persane. Les textes et traditions des dogmes islamiques se fixèrent à cette époque :
- Le sunnisme, avec al-Ash‘ari (en 935) ;
- Le chiisme duodécimain, avec Shaykh Saduq Ibn Babuyeh (en 991) et Cheikh Al-Moufid (en 1022) ;
- L'ismaélisme, ou chiisme ismaélien, branche du chiisme, en langues arabe et persane.
À la même époque, à la périphérie du monde iranien, les Turcs en provenance de Mongolie entrent en contact avec l'Islam, et s'islamisent, constituant des dynasties d'origine turque, comme les Seldjoukides.
Dans le monde chrétien des Xe et XIe siècles, sont à peu près contemporains d'Avicenne des savants et philosophes comme Michel Psellos en Orient chrétien (Byzance). En Occident latin, c'est une période d'attente et de transition (fin du Haut Moyen Âge, début du Moyen Âge central) où l'on peut signaler Gerbert, Fulbert, Lanfranc et saint Anselme.
Biographie
Naissance et formation
La vie d'Avicenne est connue par son autobiographie. De son nom complet Abu ʿAli al-Husayn Ibn Abd Allah Ibn Sīnā, il naît le 7 août 980 à Khormeytan (ou Afshana, le pays du soleil), petit village situé près de Boukhara, en Transoxiane (actuel Ouzbékistan). Son père, 'Abdallah, musulman chiite ismaélien, originaire de Balkh, au nord de l'Afghanistan actuel, est collecteur d'impôts du village au service du souverain samanide Nouh ibn Mansour. Sa mère, Sétareh (Étoile, en persan), était tadjik ou juive (voir Juifs de Boukhara).

Avicenne (Ibn Sina).
Durant sa petite enfance, Avicenne étudie l'arithmétique chez un marchand herboriste, expert en calcul indien. Ayant une bonne mémoire, le jeune garçon finit par surpasser son maître en calcul et en mathématiques. Sous la conduite du maître Abu Abdallah Ennatili, il s'initie au Coran, aux auteurs arabes et à la philosophie, en commençant par l' Isagogè de Porphyre (un petit traité pédagogique de vulgarisation de la philosophie d'Aristote). À l'âge de dix ans, il maitrise ainsi le Coran, l'arithmétique, la géométrie d'Euclide, et des bases de la philosophie comme la logique. Il se lance tout seul dans des études difficiles comme l'Almageste de Ptolémée.
À l'âge de 14 ans, son précepteur Ennatili le quitte pour aller dans une autre ville. Un ami médecin lui apporte les traductions des œuvres d'Hippocrate, qu'il aurait lues d'un trait, nuit et jour. Il raconte dans son autobiographie : « quand le sommeil me gagnait, que je sentais mes forces faiblir, je prenais un breuvage épicé pour me soutenir, et je recommençais mes lectures ».
Sa mémoire étant phénoménale, il lit aussi toutes les traductions de Galien. À l'âge de 16 ans, il est brillamment reçu médecin à l'école de Djundaysabur où professent des médecins de toutes confessions : musulmans, chrétiens, mazdéens et juifs. À 17 ans, il donne des cours à l'hôpital de Boukhara qui sont suivis par des médecins étrangers.
Avicenne est appelé auprès du prince Nouh ibn Mansour qui souffre de violentes coliques. Il diagnostique une intoxication par le plomb des peintures décorant la vaisselle du prince, et réussit à le guérir. Il est alors autorisé à consulter la riche bibliothèque royale des Samanides.
En un an et demi, il acquiert la connaissance de tous les auteurs anciens disponibles. Il bute cependant sur la Métaphysique d'Aristote qu'il ne comprend pas, mais il surmonte cette difficulté en découvrant les commentaires d'Al Farabi. Dans son autobiographie, il déclare avoir intégré tous les savoirs de son temps à l'âge de 18 ans, grâce à sa mémoire, mais que son esprit n'était pas assez mûr.
D'une cour princière à l'autre
Vers 1001, un incendie détruit la bibliothèque des Samanides. Les ennemis d'Avicenne l'accusent d'en être l'auteur. Le nouveau prince Abdul Malik lui interdit l'entrée de l'hôpital de Boukhara. En disgrâce, risquant la prison, Avicenne s'enfuit vers le Khârezm, une principauté indépendante (de 994 à 1231) qui se situe au sud de la mer d'Aral. Le prince du Khârezm aime les sciences et s'entoure de nombreux savants. Avicenne y demeure 9 ans, c'est là qu'il commence à rédiger ses premiers livres, à l'âge de 21 ans.

Statue d'Avicenne à Vienne, Pavillon des érudits.
Mais la situation politique et militaire de la région (de l'Asie centrale au Moyen-Orient) est instable. Les dynasties d'origine turque et d'origine perse sont en conflit permanent, faisant chuter les capitales. Avicenne doit fuir à nouveau, car il ne souhaite pas servir sous les Turcs, ennemis des Persans. En 1010, il s'installe à Gorgan, où il entreprend son œuvre majeure, le Qanûn (ou Canon) de médecine. Il passe ensuite dans la ville de Ray, dont il guérit le prince, atteint de mélancolie.
En 1014, il est appelé à Hamadan auprès de l'émir bouyide Chams ad-Dawla, et le guérit de ses douleurs inexpliquées. Le prince le choisit alors comme vizir (premier ministre). Avicenne s'impose un travail harassant : le jour, il se consacre aux affaires publiques, la nuit à la science. Il achève son Canon médical et rédige plusieurs ouvrages, avec l'aide du fidèle al-Juzjani, son secrétaire et biographe. Mais en 1021, après la mort du prince Chams ad-Dawla, son fils Sama' ad-Dawla accède au pouvoir. Avicenne n'a plus de protecteur et, victime d'intrigues politiques, il passe quatre mois en prison, au cours desquels il continue de rédiger des livres.
En 1023, il parvient à s'enfuir et se rend à Ispahan, auprès de l'émir kakouyide Ala ad-Dawla Muhammed. C'est là qu'il écrit, durant 14 ans, la dernière partie de son œuvre (astronomie, sciences et linguistique). Il n'hésite cependant pas à reprendre la route, répondant aux appels des princes de Perse, de Mésopotamie et du Turkestan. Sa réputation et sa popularité sont immenses, car il exerce la médecine aussi bien dans les cours princières, qu'auprès des pauvres les plus démunis.
Dernière étape

Le mausolée d'Avicenne à Hamadan.
En participant à une expédition menée par l'émir 'Ala ad-Dawla dans le Kermanshah, Avicenne tombe malade. Il meurt à Hamadan au mois d'août 1037 (premier vendredi du mois de ramadan 428 de l’Hégire), à l’âge de cinquante-sept ans. Il souffrait depuis longtemps d'une maladie intestinale dont la nature exacte est discutée : cancer du côlon, dysenterie amibienne, empoisonnement criminel...
Avicenne est enterré près d'Hamadan. Son tombeau est resté un lieu de pèlerinage jusqu'à nos jours. Jusqu'en 1950, il n'était signalé que par une simple « lanterne des morts » en granit. En 1952, un mausolée monumental a été inauguré sur sa tombe à Hamadan. Il s'agit d'une colonnade de granit en 12 piliers, symbolisant les douze sciences du savoir d'Avicenne, couronnés par une toiture conique. À cette occasion, des photographies de son crâne sont prises, permettant à un anthropologue et sculpteur soviétique de réaliser un « portrait » d'Avicenne. Cette statue en marbre blanc se trouve près du mausolée.
Avicenne est revendiqué par de nombreux pays, car il est né dans une région qui s'est appelé le Turkestan et qu'il a beaucoup voyagé et séjourné dans des pays musulmans. Le reconnaissent comme leur : l'Ouzbékistan, le Tadjikistan, l'Azerbaïdjan, l'Afghanistan, l'Iran, la Turquie ainsi que de nombreux pays arabes éloignés qui, au motif d'un séjour supposé, lui prêtent une vénération particulière.
Son œuvre
Son œuvre est d'une ampleur variable selon les sources : 276 titres pour G. C. Anawati, 242 pour Yahya Mahdavi, voire 456 titres pour le chercheur iranien Said Nafissi, mais seuls 160 sont parvenus jusqu'à nous.

Qanûn (Avicenne).
Il est l'auteur de monuments, d'ouvrages plus modestes, mais aussi de textes courts. Son œuvre couvre toute l'étendue du savoir de son époque : logique, linguistique, poésie ; physique, psychologie, médecine, chimie ; mathématiques, musique, astronomie ; morale et économie ; métaphysique, mystique et commentaires de sourates du Coran.
Avicenne, fin lettrée, fut le traducteur des œuvres d’Hippocrate et de Galien et porta un soin particulier à l'étude d'Aristote. Il s'inscrit dans un mouvement général qui voit les philosophes de culture islamique découvrir la culture grecque auprès de l'Empire byzantin.
Pendant plusieurs siècles, jusqu'au XVIIe siècle, son Qanûn constitue le fondement de l'enseignement tant en Europe, où il détrône Galien, qu'en Asie.
Le dessein personnel du philosophe trouve son achèvement dans la philosophie orientale (hikmat mashriqiya), qui prit la forme de la compilation de vingt-huit mille questions. Cette œuvre disparut lors du pillage d’Ispahan (1034), et il n'en subsiste que quelques fragments.
Avicenne a écrit principalement en arabe classique (pour presque tous ses ouvrages majeurs) mais parfois aussi dans la langue vernaculaire, le persan, pour 23 titres mineurs (à l'exception du Danesh Nâma ou « Livre de Science »).
Jeunesse et formation
Enfant prodige, Avicenne mémorise très jeune le Coran et maîtrise rapidement les sciences de son époque. Dès l'adolescence, il étudie :
- La médecine ;
- La philosophie d'Aristote ;
- Les mathématiques ;
- L’astronomie ;
- La logique.
À seulement 16 ans, sa réputation de médecin est déjà établie. Après avoir guéri un prince samanide, il obtient l'accès à la célèbre bibliothèque royale de Boukhara, où il approfondit ses connaissances.
Une vie mouvementée
La chute de la dynastie samanide oblige Avicenne à voyager à travers la Perse. Il exerce tour à tour comme :
- Médecin de cour ;
- Conseiller politique ;
- Vizir (ministre) ;
- Enseignant.
Sa vie est marquée par des périodes de gloire mais aussi par des emprisonnements, des exils et des fuites liées aux rivalités politiques de son époque.
Son œuvre majeure : Le Canon de la médecine
Son ouvrage le plus célèbre est le Canon de la médecine (Al-Qānūn fī al-Tibb).
Cette immense encyclopédie médicale rassemble les connaissances grecques, persanes, indiennes et arabes et y ajoute ses propres observations cliniques. Pendant plusieurs siècles, le Canon constitue le principal manuel médical dans les universités d'Europe et du Moyen-Orient.
Parmi ses apports :
- Description précise de nombreuses maladies ;
- Importance de l'observation clinique ;
- Étude des maladies contagieuses ;
- Pharmacologie fondée sur l'expérience ;
- Règles d'hygiène et de prévention.
Philosophie
Avicenne est également un immense philosophe. Inspiré par Aristote et Al-Fârâbî, il élabore une réflexion originale sur :
- L’existence et l'essence ;
- L’âme humaine ;
- La connaissance ;
- Dieu comme « Être nécessaire ».
Ses idées influenceront profondément les penseurs musulmans mais aussi Thomas d'Aquin, Albert le Grand et la scolastique médiévale européenne.
Importance pour la botanique
Comme Al-Dīnawarī, Avicenne s'intéresse aux plantes médicinales. Dans le Canon de la médecine, il décrit plusieurs centaines d'espèces végétales, leurs propriétés thérapeutiques et leurs usages pharmaceutiques. Ses observations ont contribué au développement de la pharmacognosie et de l'herboristerie médiévale.
Reconstitution historique du portrait d'Avicenne
Avicenne est généralement représenté comme :
- Un homme d'une cinquantaine d'années ;
- Visage fin et ovale ;
- Barbe noire soigneusement taillée ;
- Regard pénétrant et réfléchi ;
- Turban blanc ou crème ;
- Robe de savant persan richement drapée ;
- Tenant un manuscrit médical ou philosophique.
Reconstitution académique :
Un érudit persan du XIᵉ siècle, assis dans une bibliothèque remplie de manuscrits arabes, vêtu d'une robe de soie sombre et d'un turban blanc. Son regard est calme et intellectuel, sa barbe noire courte est soigneusement entretenue. La lumière chaude d'une lampe à huile éclaire les pages ouvertes du Canon de la médecine, soulignant la stature du plus célèbre médecin du Moyen Âge.
Avicenne n'était pas botaniste au sens strict du terme comme l'ont été Al-Dīnawarī ou Théophraste.
Il était avant tout :
- Médecin ;
- Philosophe ;
- Pharmacologue ;
- Naturaliste ;
- Encyclopédiste.
La botanique occupait chez lui une place importante parce qu'une grande partie des remèdes de son époque provenait des plantes. Dans son célèbre ouvrage, le Canon de la médecine, il décrit de nombreuses plantes médicinales, leurs propriétés thérapeutiques, leurs préparations et leurs usages pharmaceutiques.
Son apport à la botanique
Avicenne s'intéressait particulièrement :
- À l'identification des plantes médicinales ;
- À leurs effets sur l'organisme ;
- Aux drogues végétales ;
- Aux règles d'expérimentation des remèdes ;
- À la classification pratique des substances végétales utilisées en médecine.
Contrairement à Al-Dīnawarī, qui étudiait les plantes pour elles-mêmes et est souvent considéré comme l'un des fondateurs de la botanique arabe, Avicenne abordait surtout les végétaux sous l'angle médical et pharmacologique. Son objectif principal était de guérir les maladies plutôt que de construire une classification botanique complète.
Évaluation historique
On peut donc considérer qu'Avicenne fut :
✅ un grand médecin
✅ un grand pharmacologue
✅ un naturaliste de premier plan
✅ un important contributeur à la connaissance des plantes médicinales
Mais :
❌ il n'est généralement pas classé parmi les grands botanistes descriptifs du Moyen Âge comme Al-Dīnawarī, Ibn al-Bayṭār ou Pietro de' Crescenzi.
Pour une encyclopédie botanique, la formulation la plus juste serait :
Avicenne (980-1037) fut un médecin, philosophe et pharmacologue persan dont les travaux sur les plantes médicinales exercèrent une influence considérable sur la botanique médicale et la pharmacognosie médiévales.
Fiche botanique d'Avicenne (Ibn Sīnā)
Avicenne et son apport à la phytothérapie médiévale
Identification
Nom complet : Abū ʿAlī al-Husayn ibn Abd Allāh ibn Sīnā
Nom latinisé : Avicenne
Dates : 980-1037
Origine : Perse orientale (actuel Ouzbékistan et Iran)
Domaines : médecine, philosophie, pharmacologie, sciences naturelles.
Position dans l'histoire de la botanique
Avicenne n'est pas considéré comme un botaniste systématicien comparable à Al-Dīnawarī ou à Théophraste. Son intérêt pour les plantes s'inscrit principalement dans le cadre de la médecine et de la pharmacologie. Son œuvre contribue cependant à la transmission et à l'enrichissement des connaissances sur les végétaux médicinaux au Moyen Âge.
Statut scientifique
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Discipline |
Importance |
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Médecine |
Très majeure |
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Pharmacologie |
Très majeure |
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Botanique médicinale |
Majeure |
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Classification botanique |
Secondaire |
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Agronomie |
Faible |
Œuvre botanique principale
Le Canon de la médecine
(Al-Qānūn fī al-Tibb)
Cet immense traité rassemble les savoirs médicaux grecs, persans, indiens et arabes et contient de nombreuses descriptions de substances végétales utilisées en thérapeutique.
Le Canon demeura la référence médicale dans de nombreuses universités européennes jusqu'au XVIe siècle.
Conception des plantes médicinales
Pour Avicenne, la plante constitue avant tout un remède.
Il étudie :
- Les propriétés thérapeutiques ;
- Les effets physiologiques ;
- Les dosages ;
- Les modes de préparation ;
- Les interactions médicamenteuses ;
- Les indications cliniques.
Son approche est remarquablement empirique pour son époque.
Quelques plantes citées dans la tradition avicennienne
Parmi les végétaux médicinaux fréquemment employés dans la pharmacopée décrite par Avicenne figurent notamment :
- Aloès (Aloe vera)
- Fenouil (Foeniculum vulgare)
- Rose (Rosa damascena)
- Réglisse (Glycyrrhiza glabra)
- Myrrhe (Commiphora myrrha)
- Cumin (Cuminum cyminum)
- Séné (Senna alexandrina)
- Coriandre (Coriandrum sativum)
- Pavot (Papaver somniferum)
Ces plantes étaient utilisées dans des préparations complexes associant plusieurs ingrédients d'origine végétale, animale ou minérale.
Innovations phytothérapeutiques
Évaluation des médicaments
Avicenne propose plusieurs principes destinés à vérifier l'efficacité d'un remède :
- Observer son action sur une maladie précise ;
- Distinguer l'effet réel des coïncidences ;
- Tenir compte du dosage ;
- Comparer les résultats obtenus dans différents cas.
Ces idées annoncent certaines méthodes d'évaluation clinique modernes.
Pharmacologie expérimentale
Il insiste sur :
- L’observation directe ;
- L’expérience médicale ;
- La comparaison des traitements ;
- L’étude rigoureuse des effets thérapeutiques.
Influence sur la botanique médiévale
L'œuvre d'Avicenne est traduite en latin dès le XIIe siècle et influence profondément :
- Les herbiers médiévaux ;
- La pharmacopée européenne ;
- Les jardins de simples monastiques ;
- L’enseignement universitaire de la médecine.
Son influence se retrouve chez :
- Albert le Grand ;
- Thomas d'Aquin ;
- Les médecins de l'École de Salerne ;
- Les universitaires de Montpellier et de Bologne.
Place dans l'histoire de la botanique
Comparaison avec d'autres auteurs
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Auteur |
Période |
Rôle principal |
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Théophraste |
IVe s. av. J.-C. |
Botanique descriptive |
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Dioscoride |
Ier siècle |
Matière médicale |
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Al-Dīnawarī |
IXe siècle |
Botanique arabe |
|
Avicenne |
XIe siècle |
Phytothérapie et pharmacologie |
|
Ibn al-Bayṭār |
XIIIe siècle |
Botanique et pharmacognosie |
|
Pietro de' Crescenzi |
XIIIe-XIVe siècle |
Agronomie et horticulture |
Appréciation historique
Avicenne ne fut pas un botaniste de terrain ni un taxonomiste, mais il demeure l'un des plus grands médecins-pharmacologues de l'histoire. Son étude méthodique des plantes médicinales a joué un rôle essentiel dans le développement de la phytothérapie médiévale et de la pharmacognosie.
Date de dernière mise à jour : 09/10/2026
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