L’autodéfense de la tomate
Attaquée, la plante émet des signaux chimiques activant la défense des pieds voisins et attirant les prédateurs.
Des chercheurs dirigés par le professeur Ted Turlings, de l’université de Neuchâtel (Suisse), ont découvert sur la tomate un système de défense fascinant. Lorsqu’un plant est attaqué par l’aleurode du tabac (Bemisia tabaci), il libère dans l’air des signaux chimiques qui alertent les plantes voisines, déclenchant chez elles des mécanismes de protection contre les virus que transporte l’insecte. Ces signaux attirent également des guêpes parasitoïdes qui se nourrissent des aleurodes, offrant ainsi une protection indirecte aux plants alentours. Ce phénomène repose sur des molécules naturelles que la tomate émet face au stress, qu’il soit lié aux insectes, aux maladies ou aux conditions environnementales. La variabilité génétique des plants influence la composition de ces signaux, ce qui pourrait guider le choix de variétés plus résistantes. D’autres molécules, comme l’alpha-terpinéol, semblent améliorer la résistance aux bactéries et à la sécheresse, ouvrant des perspectives pour l’agriculture.