Setaria pumila - Sétaire glauque
(Poaceae)

Setaria pumila — en français Sétaire glauque, en anglais Yellow foxtail — est une petite graminée annuelle très commune, souvent considérée comme une adventice des cultures et des bords de chemins. Voici une synthèse complète, structurée et adaptée à un usage botanique avancé.
Setaria pumila est une espèce d'herbe connue sous de nombreux noms communs, y compris la queue de renard jaune, pigeon Grass l'herbe de poil jaune, et l'herbe de queue de chat. Il est originaire d'Europe, mais il est connu dans le monde entier comme une mauvaise herbe commune. Il pousse dans les pelouses, les trottoirs, les bords de route, les champs cultivés et bien d'autres endroits. Cette herbe annuelle pousse de 20 centimètres (8 pouces) à plus de 1 mètre (1 yard) de hauteur, ses tiges pour la plupart sans poils allant du vert à la couleur violette. Les lames des feuilles sont sans poils sur les surfaces supérieures, se tordant et jusqu'à 30 centimètres (12 pouces) de long. L'inflorescence est un faisceau rigide et cylindrique d'épilettes 2 à 15 centimètres (3 ⁄ à 6 pouces) de long avec de courts poils contondants. La panicule peut apparaître jaune ou jaune.
En Nouvelle-Zélande, S. pumila peut couvrir 20 à 40% des pâturages laitiers autrement productifs, ce qui entraîne une perte de production de lait.
Identification rapide (caractères clés)
- Port : touffes basses, tiges grêles, couchées à la base puis dressées. Hauteur 10 à 50 cm (parfois jusqu’à 1 m selon les sources).
- Feuilles : linéaires, 4 à 30 cm de long, 2 à 10 mm de large, glabres dessous, poilues à la base du limbe et près de la ligule.
- Ligule : membrane‑ciliée, surmontée d’une ligne de poils.
- Nœuds : foncés, glabres.
- Inflorescence : faux épi cylindrique (panicule contractée), 1 à 12 cm, jaunâtre à roussâtre, muni de soies longues (3–12 mm), souvent fauves ou rougeâtres.
- Épillets : ovoïdes, solitaires, à deux fleurs (inférieure stérile ou mâle, supérieure fertile).
- Grain : 1–1,5 mm, inclus dans la lemme/paléole.
Description botanique détaillée
Plantule
Les trois principales sétaires rencontrées en culture sont annuelles, d’origine tropicale et à développement estival. Elles ont en commun les caractères suivants :
- Pilosité réduite et localisé.
- Préfoliaison enroulé (1) et à l’instar des autres graminées estivales, elles sont dépourvues d’oreillettes (2)
- Ligule ciliée (3), véritable palissade de poils courts et denses, visible dès la deuxième feuille.
La sétaire glauque se distingue de la sétaire verte et verticillée par :
- Une gaine glabre
- L’apparition de longs poils (4) dans la zone ligulaire, dès le deuxième ou troisième feuille.

La graine (5) appuie la diagnose de l’espèce avant le stade 2 feuilles, d’autant que les germinations superficielles aident à sa recherche. Une glumelle inférieure fortement ridée, une graine plus grosse la distingue des autres sétaires.
La gaine des premières feuilles est fréquemment colorée, à sa base, de teinte rouge vermillon. Elliptique jusqu’au stade 2 feuilles, elle s’aplatit ultérieurement à la manière du panic pied-de-coq. Elle est glabre.
D’emblée, le limbe des premières paraît plus long et plus étroit que celui des autres sétaires décrites : F1 mesure 12 à 15 mm de long sur 2 à 2,5 mm de large, F2 16 à 21 mm sur 3 mm, F3 27 à 33 mm par 4 à 5 mm.
La ligule ciliée, parfois visible dès F1, mesure 0,5 mm sur F2, 0,75 mm sur F3 et n’excède guère 1 mm au début du tallage.
La loupe est nécessaire pour apprécier la ciliature.
Le limbe (4) présente dès la deuxième feuille mais plus souvent à la troisième, quelques poils flexueux, blancs et situés près de la ligule. Plus nombreux et plus long (jusqu’à 1 cm) sur les feuilles ultérieures, ils remontent progressivement le limbe.

Plante adulte
La sétaire glauque est une plante annuelle pouvant atteindre 1 m de haut.
Est-ce par antiphrase qu’elle est actuellement qualifiée de pumila (en latin pumila veut dire naine) alors qu’elle est plus haute que la sétaire verte et de même taille, sinon plus grande, que la verticillée ? Les talles nombreuses démarrent couchées puis sont genouillées et finalement dressées.
Les feuilles, longues et larges (jusqu’à 20 cm x 1 cm), présentent la même pilosité qu’au stade plantule. Rugueuses au toucher de haut en bas, presque coupantes à la marge, leur ligule ciliée est bien visible.
L’épiaison a lieu de juillet à octobre. L’inflorescence est un faux-épi, continu, long généralement de 5 à 10 cm, fait D’épillets à une seule graine ; les soies, nombreuses et jaunes, qui les axillent et les dépassent, lui valent la fréquenté synonymie anglo-axonne de Setaria lutescens.
- Chaume comprimé, glabre.
- Feuilles : nervure centrale formant une gouttière ; marge lisse puis finement scabre dans la partie supérieure.
- Pilosité : poils flexueux de 3–5 mm sur la moitié inférieure du limbe.
- Aspect : plante herbacée en petite touffe, parfois en axe solitaire. Elle présente un faible tallage. Les axes sont peu ou pas ramifiés. Elle est haute de 5 à 130 cm.
Racines : fasciculées.
Chaume : comprimé et glabre. Les noeuds sont glabres et de couleur brun foncé.
Feuilles : simples, alternes. La gaine est glabre et fortement comprimée, présentant une carène aiguë, prononcée. La ligule est membrano-ciliée, haute de 1,5 mm. Le limbe est linéaire, au sommet en coin aigu, dressé et plat, long de 3 à 30 cm et large de 2 à 10 mm. La nervure centrale forme une gouttière étroite. La marge est lisse, devenant finement scabre dans la moitié supérieure. La face supérieure est finement scabre et parsemée, dans la moitié inférieure de longs poils flexueux de 3 à 5 mm. La face inférieure est glabre.
Inflorescence : faux épi terminal, long de 1 à 12 cm et large de 1 à 2 cm, de forme cylindrique, de couleur pâle, fauve ou rougeâtre. Les ramifications sont réduites à des involucres de longues soies situées à la base des épillets. Les épillets sont solitaires, de forme ovoïde, courtement pédicellés. Du pédicelle partent 6 à 8 soies longues de 3 à 12 mm, finement scabres, à l’extrémité fauve ou rouge. L'épillet comprend 2 fleurs. La fleur inférieure est mâle ou stérile et la fleur supérieure est fertile. Les glumes, de forme ovale mesurent 1/3 à 2/3 de l'épillet. La lemma inférieure est membraneuse et bicarénée. La lemme supérieure est dure et fortement striée transversalement. Ses bords recouvrent légèrement la paléole de même nature mais lisse.
Grain : ovoïde, long de 1 à 1,5 mm. Il reste inclus dans la lemma et la paléa de la fleur supérieure.
S. pumila est une herbe formant de petites touffes. Elle développe des tiges grêles et lisses, démarrant couchées, puis rapidement dressées.
Les feuilles sont longues et larges. Elles sont poilues au-dessus. Le bord du limbe est rugueux au toucher de haut en bas, presque coupant. La nervure centrale est bien marquée, surtout à la face inférieure. Les nœuds sont foncés et dépourvus de poils.
L'inflorescence est un faux épi cylindrique fait d’épillets à une seule graine. Les épillets sont insérés tout autour de la tige, bien visibles au milieu de nombreuses soies de couleur jaunâtre à roussâtre, raides et dressées verticalement. Lorsque les épillets sont tombés, l’épi présente l’aspect d’un goupillon.
Distribution-Ecologie-Nuisibilité
L’espèce est assez commune sauf dans le Nord de la France. Présente sur de nombreux sols pourvu qu’ils soient suffisamment humides, liée aux cultures irriguées, elle montre une prédilection pour les sols sableux. Moins fréquente que les sétaires verte et verticillée, elle colonise les cultures estivales, les vignes, vergers et les cultures légumières. Dès qu’abondante, elle est nuisible.
Biologie :
S. pumila est une espèce annuelle se propageant uniquement par graines.
Ecologie et répartition :
Comores : espèce rudérale commune, notamment à moyenne altitude.
Madagascar : espèce rudérale et adventice des cultures sèches assez répandue dans toutes les régions climatiques de Madagascar. Avec E. indica et Digitaria spp., elle infeste les champs près des villages (cultures fumées) et sur les plaines alluviales ou dans les bas-fonds assez humides. En altitude, elle infeste les champs de culture sur sols assez fertiles (cas des sols volcaniques de la Région d’Antsirabe et de l’Itasy).
Maurice : mauvaise herbe commune dans les champs cultivés des régions très humides, mais on peut la retrouver ailleurs également.
Réunion : l’espèce apprécie la lumière directe du soleil. Elle aime les régions à climat chaud à pluviosité assez forte et humidité constante. Elle s'installe sur de nombreux sols, suffisamment profonds et bien fertilisés. Liée aux cultures irriguées, elle montre une préférence pour les sols argileux. Elle est très commune dans toute la zone littorale humide du nord-est, de l’est et du sud de l’île. Dans la région de l’ouest et du sud-ouest plus sèche, elle est implantée en altitude moyenne aux alentours de 500 à 600 m.
Seychelles : absente.
Inflorescence
- Faux épi dense, cylindrique, jaune à roux.
- Soies nombreuses, ascendantes, scabres, très visibles.
- Aspect de goupillon après chute des épillets.
Écologie et répartition
- Espèce thermo cosmopolite, largement répandue dans le monde.
- Présente dans 84 pays selon les données de conservation.
- Colonise :
- Bords de routes, chemins, friches,
- Cultures (maïs, céréales, vergers),
- Milieux urbains.
- Adventice parfois invasive (ex. Nouvelle‑Zélande : pertes de rendement laitier lorsque la plante envahit les pâtures).
Biologie
- Cycle annuel.
- Forte production de graines, disséminées par le vent, les animaux, les vêtements.
- Germination favorisée par sols perturbés, limoneux à sableux.
- Bonne tolérance à la sécheresse et aux sols pauvres.
Confusions possibles
- Setaria viridis (sétaire verte) : épi plus vert, soies plus fines.
- Setaria verticillata : soies crochues, inflorescence collante.
- Echinochloa crus‑galli : plantule parfois similaire (anthocyanes), mais inflorescence très différente.
Usages et intérêt
- Graines comestibles mais peu utilisées aujourd’hui.
- Valeur fourragère modérée.
- Améliore légèrement la structure du sol par son réseau racinaire.
- Peu d’intérêt ornemental ou médicinal.
Résumé pour identification sur le terrain (version synthétique)
- Petite graminée annuelle en touffes.
- Feuilles étroites, glabres dessous, poilues à la base.
- Nœuds foncés.
- Inflorescence cylindrique jaune‑roux, dense, avec longues soies visibles.
- Très commune dans les milieux perturbés.


