Erigeron sumatrensis - Conyza sumatrensis - Vergerette de Sumatra - Vergerette blanchâtre.

Erigeron sumatrensis - Conyza sumatrensis - Vergerette de Sumatra - Vergerette blanchâtre

(Asteraceae)

Plantule

La plantule a des feuilles alternes disposées en rosette. Sa teinte est vert grisâtre.

  1. Les cotylédons sont minuscules (2 à mm x 1,5 à 2 mm), glabres, avec un limbe arrondi et un pétiole très court (1 mm). Ils sont peu discernables et très fugaces.
  2. Les premières feuilles sont entières, nettement pétiolées et présentent un limbe d’abord arrondi, puis ovales elliptiques. Leur sommet est muni d’un curieux apicule foliacé. À ce stade, la rosette n’excède pas 20 mm de diamètre.
  3. Les feuilles suivantes, d’abord elliptique-dentées, puis lancéolées-dentées, presque lobées, se rétrécissent en un pétiole foliacé, cilié densément de poils blancs longs ou courts chaque dent ou lobe se prolonge en un apiculé foliacé.

La plantule est couverte d’une abondante pilosité, duveteuse au toucher chez les plus développées.

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Plante adulte

La vergerette de Sumatra est une plante annuelle, vert grisâtre. La tige, robuste, dressée, quelquefois ramifiée dès la base, peut atteindre 2 m de haut. Elle est velue, cannelée et très feuillée.

Les feuilles caulinaires sont alternes et pubescentes. Celles de la base, souvent détruites à la floraison, sont larges, généralement lancéolées-lobées, plus rarement lancéolées-dentées. Au milieu de la tige (4), elles sont plus étroites, lancéolées, peu ou pas dentées. Au sommet (5), à l’aisselle des rameaux florifères, elles sont sublinéaires et insensiblement atténuées aux deux extrémités.

La floraison a lieu de juillet à septembre. Les fleurs, blanc jaunâtre, toutes tubuleuses, sont réunies en petits capitules à leur tour disposés en une sorte de panicule.

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Distribution-Ecologie-Nuisibilité

Cette espèce subméditerranéenne, signifie dès le début du XXe siècle dans les Pyrénées-Orientales, originaire très probablement d’Amérique du Sud, s’étend inexorablement vers le Nord-Ouest. Rudérale notoire devenue arvale, elle est de toutes les cultures. Plante pionnière, elle est devenue en compagnie du laiteron rude et des épilobes le porte-drapeau des jachères spontanées. Thermophile, laissant la place sous climat frais à l’érigéron du Canada, elle montre une prédilection pour les sols souvent secs, pierreux, gravement, sableux, limono-sableux, acides ou neutres.

Remarque

La vergerette de Sumatra est très fréquemment confondue avec la vergerette du Canada (Erigeron canadensis). Bien que la distinction entre les eux espèces soit délicate, on notera chez cette dernière, dès le stade plantule développée, une teinte vert jaunâtre, une pilosité foliaire réduite et peu visible, un long pétiole peu foliacé, lâchement cilié de longs poils, enfin un toucher non duveteux. Au stade fleuri, la vergerette du Canada est la seule espèce du genre, présente en France, à posséder des capitules à petites fleurs externes ligulées et blanchâtres.

Erigeron sumatrensis — la Vergerette de Sumatra — est une espèce rudérale très répandue en France, notamment en Auvergne–Rhône-Alpes et dans tout le couloir rhodanien. Voici une synthèse complète, rigoureuse.

Erigeron sumatrensis (synonyme : Conyza sumatrensis), ou Vergerette de Sumatra ou Vergerette blanchâtre, est une espèce de plantes dicotylédones de la famille des Asteraceae, originaire d'Amérique du Sud.

La vergerette de Sumatra est une plante herbacée annuelle ou bisannuelle, introduite dans beaucoup de pays du monde qui s'est d’abord répandue en Asie du Sud-Est et par la suite en Europe et dans le bassin méditerranéen. Cette plante rudérale est connue pour être une adventice des cultures, que l'on retrouve aussi bien dans les champs cultivés, que dans les aires perturbées, les vergers et pâturages et sur les bords de route, de voies ferrées et des rues. Elle est arrivée plus récemment en Europe que la vergerette du Canada mais son extension est plus rapide. De ce fait, elle tend à la supplanter en milieu urbain.

Des populations de vergerette de Sumatra ont été signalées, depuis 1986, comme résistantes à des herbicides dans plusieurs pays[4]. L'une de ces populations a été signalée au Brésil comme résistant à la fois à des herbicides des groupes B/2 (inhibiteurs de l'ALS) et G/9 (inhibiteurs de l'EPSP-synthase, comme le glyphosate).

Nomenclature et étymologie

Selon Tropicos, le nom Conyza sumatrensis (Retz.) E. Walker est valide[6]. Cependant, le référentiel français TAXREF tenu par l'Institut National de Protection de la Nature maintient le nom d'espèce Erigeron sumatrensis L,

L’espèce fut d’abord décrite et nommée Erigeron sumatrensis par le botaniste suédois Anders Jahan Retzius (1742-1821) en 1789 [1788] dans Observationes Botanicae 5 : 28. Le site POWO considère que ce nom est encore valide[7].

Cependant en 1971, E. Walker (1899-1991) place l’espèce dans le genre Conyza, créé par Lessing en 1832.

Le nom de genre Erigeron est un emprunt au latin, venant du grec ηριγερων (Théophraste, Dioscoride 4, 96) « vieillard au printemps », ainsi nommé parce que les aigrette blanches des fleurs paraissent au printemps (Dioscoride). Erigeron désigne un Séneçon (Senecio vulgaris L. et autres espèces), Pline, 25, 167[8].

Le nom de genre Conyza est emprunté au latin conyza, lui-même venant du grec χονυζα konydza (Théophraste, Dioscoride), diversement interprété, mis en rapport avec χονις « poussière » ou avec χνυω « gratter » par l’intermédiaire d’une forme dialectale χνυζα. Pline l’utilise pour désigner différentes espèces d’Inule. Les espèces du genre Conyza se distinguent des Erigeron par des phyllaires (bractées de l’involucre) de différentes tailles, et par de 2 à 20 fois plus de fleurons pistillés que de fleurons bisexués.

L’épithète spécifique sumatrensis est un mot dérivé de latin botanique, par suffixation de l’étymon Sumatra par l’affixe -ensis servant à construire des gentilés sur la base du toponyme, valant finalement « de Sumatra ». Le nom Conyza sumatrensis de cette espèce d’origine sud-américaine vient qu’elle s’est implantée précocement à Sumatra.

Description

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Capitules à maturité montrant les aigrettes de soies des akènes.

Erigeron sumatrensis est une plante herbacée annuelle, pubescente, formée d’une tige dressée, velue à poils hirsutes et étalés, cannelée, très feuillée, pouvant atteindre de 50 à 150 cm de haut.

Les feuilles basales et inférieures sont disposées en rosette, entières, pétiolées, à limbe ovale elliptique denté, qui une fois flétries restent persistantes à l'anthèse. Les feuilles caulinaires inférieures et moyennes sont oblancéolées à lancéolées, de 4–10 cm de long, 0,5–1,5 cm de large, à apex aigu et base atténuée, bords généralement dentés en scie (serreté) . Les feuilles supérieures sont plus petites, linéaires à lancéolées, subentières, pubescentes sur les deux faces.

Les capitules de 5–8 mm de diamètre sont disposés en larges panicules. Chaque capitule pédonculé est sous-tendu par un involucre, comportant 3 rangées de bractées, linéaires lancéolés, légèrement hirsutes, à apex acuminé, les externes les plus courtes, les internes d’environ 5 mm de long. Le capitule comporte de nombreux fleurons ligulés périphériques, pistillés, de 3–4 mm de long, et 5 à 10 fleurons, du disque étroitement tubulaires, bisexués, à 5 lobes, jaunâtres.

Le fruit est un akène oblong-oblancéolé, de 0,7–1,5 mm de long, pourvu d’un pappus (aigrette) fauve, persistant.

Cette espèce fleurit continûment du printemps à l’hiver.

Distribution

La vergerette de Sumatra est originaire d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale, plus précisément selon POWO de : Argentine, Belize, Bolivie, Brésil, Colombie, Costa Rica, Équateur, El Salvador, Guatemala, Guyane, Honduras, Mexique Sud-Est, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pérou, Uruguay, Venezuela.

Elle a été introduite dans beaucoup de pays d’Asie, d’Europe et d’Afrique. À Taïwan, elle est très commune dans les terrains vagues et les chantiers de construction, des basses terres jusqu’à 2 000 m. Elle s’est implantée comme adventice précocement à Sumatra.

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Pilosité de feuille de Conyza sumatrensis

C’est une adventice pionnière en extension dans les cultures en France, dans les vignobles, dans les vergers méditerranéens, et les cultures maraîchères ainsi qu’ en ville et en milieu périurbain, dans les friches industrielles, sur les bords de route et de voies ferrées. Elle est arrivée plus récemment en Europe que la vergerette du Canada mais son extension est plus rapide. De ce fait, elle tend à la supplanter en milieu urbain.

Les vergerettes de Sumatra et du Canada sont difficiles à distinguer. La vergerette du Canada a sur ses feuilles des poils longs et épars, alors que la vergerette de Sumatra a une pilosité nettement plus dense à la base des feuilles, formées de deux rangées de poils courts et longs.

Taxinomie

Noms vernaculaires

  • Vergerette de Sumatra, vergerette blanchâtre, érigéron blanc, conyza à nombreuses fleurs[13].
  • Mille-feuille, camomille-sauvage, fausse-camomille, herbe-bougie, zamal-marron (à la Réunion).
  • Vergerette de Barcelone, Vergerette de Naudin

Synonymes

Selon Catalogue of Life (27 février 2016) :

  • Baccharis ivifolia Blanco,
  • Conyza albida Willd. ex Spreng.,
  • Conyza bonariensis var. microcephala (Cabrera) Cabrera,
  • Conyza bonariensis f. subleiotheca Cuatrec.,
  • Conyza elata Kunth & Bouché,
  • Conyza flahaultiana Sennen,
  • Conyza floribunda var. laciniata Cabrera,
  • Conyza floribunda var. subleiotheca (Cuatrec.) J.B.Marshall,
  • Conyza myriocephala J. Remy,
  • Conyza naudinii Bonnet,
  • Erigeron albidus (Willd. ex Spreng.) A.Gray,
  • Erigeron bonariensis f. glabrata Speg.,
  • Erigeron bonariensis var. microcephalus Cabrera,
  • Erigeron crispus subsp. naudinii (Bonnet) Bonnier,
  • Erigeron erigeron subsp. naudinii (Bonnet) Bonnier,
  • Erigeron flahaultianus Thell.,
  • Erigeron musashensis Makino,
  • Erigeron naudinii (Bonnet) Bonnier,
  • Erigeron naudinii (Bonnet) Humbert,
  • Erigeron naudinii (Bonnet) P. Fourn.
  • Erigeron sumatrensis (Retz.) (basionyme),

Liste des variétés

Selon Tropicos (27 février 2016) (Attention liste brute contenant possiblement des synonymes) :

  • Conyza sumatrensis var. floribunda (Kunth) J.B. Marshall
  • Conyza sumatrensis var. leiotheca (S.F. Blake) Pruski & G. Sancho
  • Conyza sumatrensis var. sumatrensis

1. Identité botanique

  • Famille : Asteraceae
  • Genre : Erigeron (souvent placé dans Conyza selon certains auteurs)
  • Espèce : Erigeron sumatrensis (Retz.) E. Walker
  • Noms vernaculaires : Vergerette de Sumatra, Vergerette blanchâtre, Tall fleabane, Guernsey fleabane

Origine probable : Amérique du Sud, naturalisée dans la plupart des régions tropicales, subtropicales et tempérées du monde.

2. Morphologie détaillée

Port

  • Plante herbacée annuelle ou bisannuelle, robuste.
  • Hauteur : 50 à 250 cm (parfois jusqu’à 2 m selon les sources) .
  • Tige dressée, verte grisâtre, striée, très ramifiée au sommet.

Feuilles

  • Aspect cendré dû aux soies apprimées très courtes sur la face supérieure .
  • Feuilles inférieures : entières à dentées, oblongues-ovales.
  • Feuilles médianes et supérieures : oblancéolées, étroites à larges.
  • Texture rude, pubescente.

Inflorescence

  • Pyramidale, très ramifiée, portant 50 à 500 capitules .
  • Capitules sans fleurs ligulées visibles (critère clé pour distinguer E. sumatrensis de E. canadensis) .
  • Fleurs blanches à jaunâtres.

Fruits

  • Akènes munis d’une aigrette roussâtre (dissémination anémochore)

3. Phénologie

  • Floraison : juin à octobre (selon les régions) .
  • Cycle annuel rapide, production massive de graines : > 200 000 graines par individu

4. Écologie et répartition

Milieux colonisés

  • Friches, bords de routes, voies ferrées, terrains vagues, vignes (Occitanie) .
  • Espèce pionnière, héliophile, nitrophile.
  • Très sensible à la compétition : s’installe surtout dans les milieux perturbés.

Répartition

  • Observée dans 87 pays .
  • En France : expansion rapide depuis les années 1980, désormais fréquente dans le sud et le centre.

Impact écologique

  • Peut modifier la composition microbienne du sol dans les zones envahies.
  • Pollinisation entomogame (mouches, abeilles sauvages).

5. Confusions possibles

Les vergerettes sont nombreuses en France (≈ 15 espèces). Critères de distinction (sources Tela Botanica) :

  • E. canadensis : fleurs ligulées présentes ; plante vert franc ; inflorescence pyramidale.
  • E. sumatrensis : pas de ligules visibles ; plante vert grisâtre ; inflorescence pyramidale.
  • E. bonariensis : capitules plus gros ; port en candélabre (branches latérales plus longues que la tige principale).

6. Propriétés et usages

  • Usages traditionnels : diurétiques, dépuratifs, comme d’autres Erigeron .
  • Présence de flavonoïdes et composés antioxydants (propriétés générales des Asteraceae).
  • Pollen potentiellement allergène pour les personnes sensibles

7. Espèce envahissante et résistance aux herbicides

  • Adventice problématique dans les cultures, notamment en Amérique du Sud et en Europe.
  • Populations résistantes aux herbicides ALS (groupe B/2) et EPSPS (groupe G/9, dont glyphosate) signalées au Brésil.

 Espèce très fréquente dans les milieux rudéraux du Bas-Dauphiné.

 Morphologie très utile pour l’enseignement : inflorescence pyramidale, absence de ligules, feuilles oblancéolées.

 Intérêt pour les études de dynamique des invasions et des milieux perturbés.

 Possibilité d’hybridation avec E. canadensis (rare mais documentée)

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Date de dernière mise à jour : 13/08/2026

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