Platygaster tuberosula.

Platygaster tuberosula

(Platygastridae)

Platygaster tuberosula est une espèce d'insectes parasitoïdes de l'ordre des hyménoptères, de la famille des Platygastridae.

Platygaster tuberosula est une micro‑guêpe parasitoïde (Hymenoptera : Platygastridae) spécialisée dans le parasitisme des œufs de cécidomyies, en particulier Sitodiplosis mosellana, la cécidomyie orangée du blé.

Biologie et cycle de vie

P. tuberosula est un parasitoïde d’œufs :

  • La femelle pond directement dans l’œuf de la cécidomyie ou dans la larve au premier stade.
  • Le développement du parasitoïde se déroule entièrement dans l’hôte, jusqu’à l’émergence de l’adulte, synchronisée avec la pulpation de la cécidomyie.

Cette synchronisation est cruciale : elle permet à la guêpe d’émerger au moment où la cécidomyie est immobile, maximisant la survie du parasitoïde.

Platygaster tuberosula

16834

Classification

Règne

Animalia

Embranchement

Arthropoda

Sous-embr.

Hexapoda

Classe

Insecta

Ordre

Hymenoptera

Super-famille

Platygastroidea

Famille

Platygastridae

Sous-famille

Platygastrinae

Genre

Platygaster

Espèce

Platygaster tuberosula
Kieffer, 1926

Cycle de vie

Cet insecte est parasitoïde des œufs, c'est-à-dire que la femelle pond ses œufs dans ceux d'une espèce hôte. Faisant partie de la sous-famille des Platygastrinae, on le décrit comme parasitoïde spécifique où les femelles pondent spécifiquement dans les œufs de diptères de la famille des Cecidomyiidae. L'une des espèces ciblées par l'insecte est la cécidomyie orangée du blé (Sitodiplosis mosellana), un insecte ravageur important dans les pays producteurs de blé.

L’œuf est pondu directement dans celui de son hôte ou lorsque la progéniture de ce même hôte se trouve à son premier stade de développement larvaire. L'insecte parasitoïde se développe dans son hôte jusqu'à émerger au stade adulte (imago) synchronisé avec son hôte qui se trouve au stade de pupe ou prépupal.

Hôte principal : Sitodiplosis mosellana

La cécidomyie orangée du blé est un ravageur majeur des cultures céréalières dans l’hémisphère Nord. P. tuberosula est l’un de ses parasitoïdes les plus efficaces, aux côtés de Macroglenes penetrans.

Rôle en lutte biologique

Introduction au Canada (1993–1994)

Pour renforcer la lutte contre S. mosellana, Agriculture Canada a introduit P. tuberosula depuis l’Europe. Les suivis montrent :

  • Une installation réussie,
  • Une croissance de population ×5 entre 1993 et 2001,
  • Une dispersion depuis les sites de lâcher.

Cette espèce est donc considérée comme un agent de biocontrôle efficace, capable de réduire significativement les populations de cécidomyies.

Lutte biologique

Cas d'introduction contre la cécidomyie orangée du blé

Dans le secteur de la production du blé au Canada, les ennemis naturels les plus importants de la cécidomyie orangée du blé sont les guêpes parasitoïdes Macroglenes penetrans (famille : Pteromalidea) et Platygaster tuberosula. La première a été observée dans l’ouest canadien depuis l’épidémie de 1984 en Saskatchewan. Elle parasite aussi les œufs des cécidomyies et peut causer une forte pression sur leur population pouvant causer une mortalité de 30 à 40%. Par contre, M. penetrans n’est efficace que lorsque les populations sont faibles. À partir des observations faites dans l'ouest canadien depuis les années 1980, ce parasitoïde est peu efficace comme contrôle biologique naturel lors de grandes infestations de cécidomyies orangées du blé. Pour régler les écarts de pertes, Agriculture Canada en partenariat avec l'Institut international pour la lutte biologique, à Delémont en Suisse, ont entrepris un projet de lutte biologique afin d’améliorer le parasitisme en champ au Canada en introduisant un autre parasitoïde. P. tuberosula a donc été introduit en 1993 avec succès ayant eu une incidence marquée sur la population cécidomyie avec un taux de parasitisme similaire à celui observé en Europe. Malgré le faible taux d'individus recensé en début d'introduction, la population de ce dernier n'a cessé de croitre les années suivantes, soit 5 fois de 1993 à 2001.

Points remarquables

  • Spécificité élevée envers les Cecidomyiidae.
  • Cycle parfaitement calé sur celui de la cécidomyie.
  • Impact agronomique important dans les régions céréalières où elle est établie.

Cycle parasitoïde–hôte : Platygaster tuberosula ↔ Sitodiplosis mosellana

1️ Printemps – Début du cycle de l’hôte (blé au stade montaison)

  • Les femelles de Sitodiplosis mosellana pondent dans les glumes du blé.
  • Les œufs de cécidomyie deviennent disponibles pour le parasitoïde.

2️ Parasitisme des œufs

  • La femelle P. tuberosula localise les œufs de cécidomyie.
  • Elle insère son ovipositeur dans l’œuf et y dépose un œuf parasitoïde.
  • Le parasitoïde peut aussi parasiter la larve L1 juste après l’éclosion.

3️ Développement synchronisé dans l’hôte

  • L’œuf de P. tuberosula éclot avant ou au moment de l’éclosion de la larve de cécidomyie.
  • La larve parasitoïde se développe à l’intérieur de la larve de cécidomyie, sans interrompre immédiatement son développement.
  • Le parasitoïde reste synchrone :
    • la larve de cécidomyie se nourrit du grain,
    • la larve parasitoïde progresse lentement.

4️ Phase de pulpation de la cécidomyie

  • Lorsque S. mosellana quitte l’épi pour se nymphoser dans le sol, → la larve de P. tuberosula achève son développement.
  • Le parasitoïde tue l’hôte au stade nymphal.

5️ Émergence du parasitoïde

  • L’adulte P. tuberosula émerge dans le sol, généralement au même moment que les adultes de cécidomyie non parasités.
  • Cette synchronisation permet :
    • la rencontre avec les œufs de cécidomyie de la génération suivante,
    • la pérennité du cycle.

6️ Dispersion et nouvelle génération

  • Les adultes parasitoïdes se dispersent dans les parcelles de céréales.
  • Ils recherchent les pontes fraîches de cécidomyies pour recommencer le cycle.

Date de dernière mise à jour : 11/09/2026

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