Dermea pseudotsugae.

Dermea pseudotsugae

(Dermateaceae)

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Dermea pseudotsugae est un ascomycète de la famille des Dermateaceae, inféodé au Douglas (Pseudotsuga menziesii), et connu comme agent de nécrose du phloème. C’est un champignon discret mais potentiellement dommageable dans les plantations de Douglas, notamment en Amérique du Nord et ponctuellement sur la côte pacifique du Canada.

Identification et morphologie

  • Apothécies : minuscules (≤ 0,15 cm), circulaires, noires à jaune brun, à surface plane ou concave, marge légèrement relevée.
  • Consistance : dure (mais charnue lorsqu’humide).
  • Croissance : erumpente sur les branches et tiges de Douglas.
  • Réaction chimique : en KOH dilué → coloration jaune brun.
  • Spores :
    • Ascospores 16–28 × 4–7 µm, hyalines, droites ou légèrement courbées, 0–3 cloisons.
    • Asci 80–150 × 9–14 µm, cylindriques à claviformes, 8 spores.
    • Paraphyses longues, filiformes, agglutinées en épithécium.
  • Conidies :
    • Macroconidies 42–56 × 3–4 µm, falciformes, hyalines à jaunâtres.
    • Microconidies 8–14 × 1–2 µm, filiformes, incurvées.

Biologie, écologie et cycle

  • Hôte exclusif : Pseudotsuga menziesii (Douglas).
  • Phénologie :
    • Apothécies en fin d’été – début d’automne (août–septembre).
    • Conidies produites plus tôt dans l’année.
    • Les apothécies peuvent passer l’hiver, mais les ascospores printanières sont souvent non viables.
  • Distribution :
    • Décrit initialement en Colombie-Britannique intérieure.
    • Présent sur la côte pacifique mais souvent sous forme conidienne.
    • A causé des dégâts importants dans des plantations de Douglas en Californie du Nord

Pathogénicité

Dermea pseudotsugae est un pathogène du phloème, provoquant :

  • Nécroses phloémiques
  • Cankers discrets mais pouvant s’étendre
  • Dépérissement de rameaux ou de jeunes tiges, surtout sur arbres stressés (sécheresse, froid, blessures)

Il est considéré comme un pathogène secondaire, opportuniste, mais peut devenir problématique dans des plantations homogènes ou affaiblies.

Espèces proches

  • Dermea balsamea : apothécies plus grandes (jusqu’à 0,25 cm), macroconidies plus longues (> 70 µm).
  • Dermea grovesii : apothécies brun rouge.

Intérêt pour la phytopathologie en France

Même si l’espèce n’est pas signalée comme problématique en France, elle est à surveiller dans les régions de forte production de Douglas (Beaujolais, Morvan, Massif central), où d’autres bioagresseurs comme Contarinia pseudotsugae progressent rapidement.

1. Morphologie (macro + micro)

Apothécies (forme sexuée)

  • Taille : 0,1–0,15 cm, très petites.
  • Couleur : noir à brun jaunâtre.
  • Forme : circulaires, planes ou légèrement concaves, marge parfois relevée.
  • Insertion : erumpentes sur l’écorce des rameaux et jeunes tiges de Douglas.
  • Texture : dure à sec, charnue humide.
  • Réaction KOH : jaune brun.

Asci

  • 80–150 × 9–14 µm, cylindriques à claviformes.
  • 8 spores, operculés.

Ascospores

  • 16–28 × 4–7 µm, hyalines.
  • Droites ou légèrement courbées.
  • 0–3 cloisons selon maturité.

Paraphyses

  • Filiformes, longues, agglutinées en épithécium brunâtre.

Conidiomes (forme asexuée)

  • Présents plus tôt dans l’année.
  • Macroconidies : 42–56 × 3–4 µm, falciformes, hyalines à jaunâtres.
  • Microconidies : 8–14 × 1–2 µm, filiformes, incurvées.

 

2. Cycle biologique (schéma narratif)

Phase 1 — Survie hivernale

  • Le champignon persiste dans les tissus nécrosés du phloème et dans les cankers.
  • Les apothécies peuvent passer l’hiver, mais les ascospores sont souvent peu viables au printemps.

Phase 2 — Production de conidies (printemps–début été)

  • Les conidiomes produisent macro- et Microconidies.
  • Dissémination : pluie, éclaboussures, vent faible.
  • Infection : via blessures, microfissures, stress hydrique ou gel.

Phase 3 — Développement dans le phloème

  • Le mycélium colonise phloème + cambium, créant des nécroses allongées.
  • Progression lente mais continue, surtout sur arbres affaiblis.

Phase 4 — Formation des apothécies (fin été–automne)

  • Apparition des apothécies août–septembre.
  • Libération d’ascospores, mais rôle épidémiologique secondaire.

Cycle résumé

  1. Survie dans cankers
  2. Conidies → infections printanières
  3. Nécrose phloémique → dépérissement
  4. Apothécies automnales → faible reproduction sexuée

3. Symptômes et diagnostic

Symptômes externes

  • Dépérissement de rameaux.
  • Cankers discrets, souvent elliptiques, à bordure sombre.
  • Écorce fendillée ou légèrement enfoncée.
  • Jaunissement puis brunissement des aiguilles du rameau atteint.

Symptômes internes

  • Nécrose du phloème : brun rouge à brun foncé.
  • Hyphes visibles en coupe longitudinale dans le phloème/cambium.
  • Progression centrifuge autour du point d’infection.

Signes du pathogène

  • Apothécies noires très petites, souvent groupées.
  • Conidiomes blanchâtres à jaunâtres.
  • Réaction KOH jaune brun (utile en diagnostic de laboratoire).

Diagnostic différentiel

  • Dermea balsamea : apothécies plus grandes, macroconidies > 70 µm.
  • Cytospora / Valsa spp. : cankers plus étendus, fructifications orangées.
  • Phomopsis : pycnides plus visibles, nécroses plus nettes.

4. Importance forestière

  • Pathogène opportuniste, mais peut provoquer des pertes significatives dans les plantations de Douglas en conditions de stress.
  • Observé comme problématique en Californie du Nord et Colombie-Britannique.
  • À surveiller en France, surtout dans les zones de forte production de Douglas (Beaujolais, Morvan, Massif central).

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Date de dernière mise à jour : 11/09/2026

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