Stereum sanguinolentum.

Stereum sanguinolentum

(Stereaceae)

Stereum sanguinolentum est un basidiomycète lignicole des conifères, bien connu pour sa réaction rouge sang lorsqu’on blesse un sporophore frais. C’est un agent de carie rouge du sapin, fréquent dans les forêts tempérées de l’hémisphère Nord.

Identité taxonomique

  • Règne : Fungi
  • Ordre : Russulales
  • Famille : Stereaceae
  • Synonymes : Thelephora sanguinolenta, Haematostereum sanguinolentum, Stereum balsameum

Stereum sanguinolentum est une espèce de champignons basidiomycètes de la famille des Stereaceae. C'est un agent pathogène des plantes, qui provoque la carie rouge du sapin, une maladie donnant une coloration rouge touchant surtout les conifères et en particulier les épicéas. Les sporophores apparaissent sur les bois morts ou parfois sur les branches mortes des arbres vivants. Ils forment une espèce de croûte cuirassée mince sur la surface du bois. Ils vont produire un jus de couleur rouge en cas de blessure, expliquant le nom commun de la maladie ou l'épithète sanguinolentum. Il peut être l'hôte du champignon parasitaire Tremella encephala.

Taxonomie

L'espèce a été décrite pour la première fois par Albertini et Schweinitz en 1805 sous le nom de Thelephora sanguinolenta[2]. Au cours de son histoire taxonomique, il a été transféré dans d'autres genres comme Phlebomorpha, Auricularia, Merulius et Haematostereum.

Stereum sanguinolentum

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Classification

Règne

Fungi

Division

Basidiomycota

Classe

Agaricomycetes

Ordre

Russulales

Famille

Stereaceae

Genre

Stereum

Espèce

Stereum sanguinolentum
(
Alb. & Schwein.) Fr. (1838)

Synonymes

  • Thelephora sanguinolenta Alb. & Schwein. (1805)
  • Phlebomorpha sanguinolenta (Alb. & Schwein.) Pers. (1822)
  • Thelephora sericea var. sanguinolenta (Alb. & Schwein.) Pers. (1822)
  • Auricularia sanguinolenta (Alb. & Schwein.) Grev. (1826)
  • Merulius sanguinolentus (Alb. & Schwein.) Spreng. (1827)
  • Stereum balsameum Peck (1875)
  • Haematostereum sanguinolentum (Alb. & Schwein.) Pouzar (1959)

Description

Le sporophore de Stereum sanguinolentum est une mince (typiquement moins de 1 mm d'épaisseur) croûte de cuir sur la surface du bois hôte. Souvent, le bord est recourbé vers le haut pour former un étroit plateau (généralement de moins de 10 mm d'épaisseur). Lorsqu'ils sont présents, ces plateaux peuvent fusionner entre eux ou se chevaucher. La surface du sporophore est une fine couche de poils, parfois plaqués contre la surface. La couleur varie du beige au chamois et au brun foncé chez les spécimens matures; les bords sont de couleur claire. Les sporophores frais qui sont blessés produisent un jus rouge, ou vont se teinter de rouge s'ils sont touchés. Les sporophores secs sont d'une couleur gris-brun. Les spores sont ellipsoïdes à cylindriques, amyloïdes, et mesurent généralement de 70 à 10 µm sur 3 à 4,5 µm.

Stereum sanguinolentum peut être parasité par le champignon gélatineux Tremella encephala.

Habitat, répartition et écologie

Il provoque la carie rouge du sapin, une maladie se traduisant par un bois de couleur beige à rousse avec une texture filandreuse. Une coupe transversale du bois infecté révèle une infection circulaire autour du centre du champignon. Il pénètre dans le bois au niveau de plaies causées aux arbres par des dommages mécaniques ou par des animaux sauvages. Des fragments de mycélium peuvent se propager par des guêpes du genre Sirex. La pourriture peut s'étendre jusqu'à 40 cm par an. Outre l’Épicéa, il touche notamment le Sapin baumier, le Sapin de Douglas et la Pruche de l'Ouest.

Il est très répandu et a été trouvé en Amérique du Nord, en Europe, Afrique de l'Est, Nouvelle-Zélande et Australie.

Écologie et hôtes

  • Spécialiste des conifères : épicéa, sapin, pin, mélèze, Douglas.
  • Colonise bois morts ou branches mortes d’arbres vivants.
  • Pénètre via plaies mécaniques (élagage, dégâts, animaux).
  • Le mycélium peut être disséminé par les guêpes Sirex.

Caractère distinctif : la “saignée” rouge

Les sporophores frais exsudent un jus rouge vif lorsqu’ils sont blessés ou simplement touchés — un critère diagnostique majeur.

Morphologie

  • Croûte mince (< 1 mm), coriace, étalée sur le bois.
  • Bord souvent réfléchi, formant de petites tablettes (≤ 10 mm).
  • Surface : feutrée, beige à brun, marge plus claire.
  • Hyménium : lisse, crème à gris, se tachant de rouge.
  • Spores : ellipsoïdes à cylindriques, 7–10 × 3–4,5 µm, amyloïdes.

Pathogénie : carie rouge du sapin

S. sanguinolentum provoque une carie blanche ou brune selon les conditions, avec :

  • Décoloration rougeâtre du bois,
  • Texture filandreuse ou stringy,
  • Dégradation de la cellulose et de la lignine,
  • Perte de valeur du bois d’œuvre.

La pourriture peut progresser jusqu’à 40–63 cm par an dans certains hôtes.

Il forme parfois des clones territoriaux en synergie avec d’autres pathogènes (Armillaria, Heterobasidion, Phellinus…), pouvant persister des siècles.

Répartition

Présent en Europe, Amérique du Nord, Afrique de l’Est, Australie, Nouvelle-Zélande.

Confusions possibles

  • Stereum rugosum : sur feuillus, rougit aussi mais jamais sur conifères.
  • Stereum gausapatum : sur chêne, marge toujours réfléchie, couleurs plus sombres.

Résumé phytopathologique (adapté à ton domaine)

Stereum sanguinolentum est un champignon lignivore opportuniste des conifères, pénétrant par les plaies et provoquant une carie rouge caractéristique. Il est :

  • Un décomposeur pionnier du bois exposé,
  • Un parasite de plaies sur arbres vivants,
  • Un acteur majeur des caries de cœur dans les résineux,
  • Un élément des complexes pathogènes forestiers à long terme.

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1. Cycle biologique (résineux – plaie – colonisation – carie – dispersion)

a. Vecteur / dissémination

  • Les guêpes Sirex transportent des fragments de mycélium dans leurs ovipositeurs.
  • Le champignon colonise aussi bois morts, débris infectés, et plaies fraîches.

b. Porte d’entrée

  • Plaies mécaniques : ébranchage, chablis, dégâts d’exploitation, morsures, fissures.
  • Le champignon est un parasite de plaies opportuniste.

c. Colonisation

  • Progression dans le xylème exposé, puis dans le duramen.
  • Dégradation de la cellulose → carie blanche fibreuse.
  • Oxydation secondaire → carie rouge-brune (typique du sapin).

d. Persistance et extension

  • Le mycélium forme des réseaux persistants dans les troncs.
  • Extension possible de 40 à 60 cm/an selon l’hôte.
  • Interaction avec d’autres pathogènes : Heterobasidion, Armillaria, Phellinus.

2. Diagnostic : la “saignée rouge” (critère majeur)

Réaction immédiate :

  • Grattage ou incision → exsudat rouge vif en quelques secondes.
  • Visible uniquement sur sporophores frais et hydratés.

Aspect du sporophore :

  • Croûte mince, coriace, brun-gris, marge parfois réfléchie.
  • Hyménium lisse, crème à gris, se tachant de rouge.
  • Croissance en zones étalées sur le bois.

Bois atteint :

  • Décoloration rougeâtre du duramen.
  • Texture filandreuse (stringy).
  • Odeur faible, non résineuse.

3. Microstructures (pour la détermination)

Spores

  • Ellipsoïdes à cylindriques.
  • 7–10 × 3–4,5 µm.
  • Amyloïdes (réaction Melzer).

Hyménium

  • Lisse, non poré.
  • Basides clavées, 4 spores.

Mycélium

  • Hyphes génératifs à clamp connections.
  • Hyphes squelettiques présentes (structure typique des Stereaceae).

4. Dégâts forestiers

  • Carie rouge du sapin : perte de résistance mécanique.
  • Dégradation du bois d’œuvre → déclassement massif en scierie.
  • Favorise les ruptures de tronc en conditions de vent.
  • Indicateur de vulnérabilité structurelle dans les peuplements de résineux.

5. Espèces proches (risque de confusion)

Stereum rugosum

  • Sur feuillus uniquement.
  • Rougit aussi, mais jamais sur conifères.
  • Surface plus rugueuse, zonée.

Stereum gausapatum

  • Sur chêne.
  • Marge foncée, réfléchie.
  • Ne produit pas de “saignée” aussi nette.

6. Utilisation de la planche générée

Date de dernière mise à jour : 10/09/2026

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