BELON PIERRE.

BELON PIERRE

Pierre Belon (1517-1564)

 

Pierre Belon, né en 1517 au lieu-dit La Souletière à Cérans-Foulletourte près du Mans et mort en avril 1564, est un naturaliste français. Esprit très en avance sur son époque, il est considéré comme l'un des plus grands scientifiques du XVIe siècle.

Pierre Belon, souvent appelé Pierre Belon du Mans, est l'un des plus remarquables naturalistes de la Renaissance française. Botaniste, zoologiste, ornithologue, ichtyologiste et grand voyageur, il est considéré comme l'un des premiers véritables naturalistes de terrain de l'histoire.

Fiche biographique

  • Nom complet : Pierre Belon
  • Naissance : 1517 à Cérans-Foulletourte (près du Mans, France)
  • Décès : avril 1564 à Paris
  • Nationalité : Française
  • Profession : Naturaliste, botaniste, zoologiste, médecin, écrivain et voyageur scientifique.

Formation

Issu d'un milieu modeste, il commence comme apothicaire avant d'étudier la botanique auprès du célèbre botaniste allemand Valerius Cordus à Wittenberg. Il suit également des études de médecine à Montpellier où il fréquente le naturaliste Guillaume Rondelet.

Un pionnier de la botanique

Dès 1538, il s'occupe du jardin de Touvoie, considéré comme l'un des premiers jardins botaniques français. Il s'intéresse à l'acclimatation de plantes étrangères et enrichit la connaissance de nombreuses espèces végétales.

Il est également crédité de l'introduction ou de la diffusion en France de plusieurs espèces méditerranéennes et orientales, notamment le platane et le lilas.

Le grand voyage au Levant

Entre 1546 et 1549, il accompagne des ambassadeurs français auprès du sultan ottoman Soliman le Magnifique. Son périple le mène en :

  • Grèce
  • Turquie
  • Égypte
  • Palestine
  • Judée
  • Arabie

Il collecte des plantes, observe les animaux et décrit les populations locales. Ce voyage est considéré comme l'une des premières expéditions naturalistes scientifiques de l'époque moderne.

Principales œuvres

Observations de plusieurs singularitez et choses mémorables (1553)

Récit de voyage illustré contenant de nombreuses observations botaniques, zoologiques et ethnographiques.

Histoire de la nature des oyseaux (1555)

L'un des premiers grands traités scientifiques consacrés aux oiseaux.

Travaux sur les poissons

Il publie également plusieurs études illustrées sur les poissons, décrivant environ 175 espèces, ce qui constitue une avancée majeure pour son époque.

Apport scientifique majeur

Parmi ses contributions les plus célèbres figure la comparaison anatomique entre le squelette humain et celui d'un oiseau. Cette démarche novatrice fait de lui un précurseur de l'anatomie comparée, discipline qui se développera pleinement plusieurs siècles plus tard.

Chronologie concise

Date

Événement

1517

Naissance à Cérans-Foulletourte

vers 1538

Gestion du jardin de Touvoie

1540-1542

Études auprès de Valerius Cordus

1546-1549

Voyage scientifique au Levant

1553

Publication des Observations

1555

Histoire de la nature des oyseaux

1564

Assassiné près de Paris dans des circonstances mal élucidées

Importance historique

Pierre Belon est considéré comme l'un des fondateurs de l'histoire naturelle moderne. Son approche fondée sur l'observation directe, les voyages, la comparaison anatomique et la description rigoureuse des espèces annonce la méthode scientifique qui dominera les sciences naturelles aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles.

Abréviation botanique

Belon n'a pas d'abréviation botanique normalisée utilisée pour la citation des noms d'espèces végétales, contrairement à de nombreux botanistes postérieurs. Son importance est surtout historique et naturaliste.

 

Pierre Belon

Belon pierre 1

 

Pierre Belon, à 36 ans, dessiné et gravé par Ambroise Tardieu, d'après le portrait des Observations

Biographie

Naissance

1517
Cérans-Foulletourte

Décès

Avril 1564
Paris

Formation

Université Martin-Luther de Halle-Wittemberg

Activités

Naturaliste, diplomate, ornithologue, ichtyologiste, botaniste, zoologiste, médecin, écrivain, historien

Biographie

D'origine modeste, Belon devient apothicaire auprès d'éminents ecclésiastiques : l'évêque du Mans, Bellay, Prat et l'archevêque de Lyon, François II de Tournon. Cela lui permet de se consacrer à ses recherches scientifiques.

Il suit les cours de botanique de Valerius Cordus à Wittenberg et voyage avec lui en Allemagne. On raconte qu'il est arrêté à son retour, soupçonné de luthéranisme ; mais un admirateur de Ronsard fait libérer Belon, ami du poète. Il s'intéresse aussi à l'ichtyofaune et écrit l'un des premiers traités illustrés sur les poissons des cours d'eau de France.

En 1538, il s'occupe du jardin de Touvoie « une vaste pépinière d'arbres et d'arbustes exotiques », l'un des premiers jardins botaniques de France.

Avant son voyage également, il écrit un abrégé de L'histoire des plantes de Leonhart Fuchs, qui sera traduit en espagnol.

 

Voyage au Levant

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La ville d'Alexandrie, illustration des Observations de plusieurs singularités, 1553

 

Belon accompagne ensuite deux ambassadeurs de François Ier auprès de Soliman Ier le Magnifique. Il parcourt le Levant de 1546 à 1549. Ce voyage en Grèce où il visite le mont Athos, en Turquie, en Égypte, où il explore Alexandrie et Le Caire, en Judée, en Arabie et en Palestine par l'isthme de Suez, permet à Belon, curieux de tout, de rapporter un grand nombre d'observations sur l'histoire naturelle ainsi qu'en archéologie et sur les mœurs des habitants. Ainsi, il s'intéresse aux procédés employés pour la momification des corps. Il s'intéresse notamment à l'usage de l'opium fait par les Turcs.

Il s'agit de l'un des premiers voyages naturalistes de l'histoire. Il s'arrête ainsi dans les Îles grecques, à la recherche des plantes décrites par Dioscoride. Il revient en France en 1549, et obtient du roi Henri II une pension de deux cents écus, qui lui permet de poursuivre ses recherches. Il relate son voyage dans Voyage au Levant, les observations de Pierre Belon du Mans, de plusieurs singularités et choses mémorables, trouvées en Grèce, Turquie, Judée, Égypte, Arabie et autres pays estranges, édité en 1553.

Fin de vie

Belon fait un autre voyage, en 1557, en Italie, en Savoie, dans le Dauphiné et en Auvergne9.

Charles IX lui fournit un logement au château de Madrid dans le bois de Boulogne.

Il meurt de façon mystérieuse à 49 ans, sans doute assassiné par un rôdeur en avril 1564, alors qu'il traverse le bois de Boulogne.

Contributions

Animaux marins

Il publie de remarquables études sur les animaux marins : L'histoire naturelle des estranges poissons marins, avec la vraie peincture et description du daulphin, et de plusieurs autres de son espèce, en 1551, et La Nature et diversité des poissons, avec leurs pourtraicts représentez au plus près du naturel, en 1555. Le terme de poisson y regroupe tous les animaux marins : de la baleine à l'otarie, du crustacé à l'anémone en passant par l'hippopotame ou la loutre. Il semble probable qu'il rassemble là les animaux considérés par l'Église catholique comme consommables les jours maigres. Mais cette hypothèse n'explique pas pourquoi il évoque même le caméléon. Malgré cela, il tente d'établir un embryon de classification, notamment en évoquant les vrais poissons et leurs subdivisions basées sur des observations anatomiques : cartilage ou squelette osseux, ovipare ou vivipare. Sa classification est meilleure que celle de Guillaume Rondelet (publiée trois ans après la sienne) et mieux observée. Pierre Belon décrit, pour la première fois en Europe, de nombreux animaux alors inconnus. Il décrit environ 110 espèces de poissons.

Oiseaux

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Planche comparant le squelette d'un être humain et celui d'un oiseau, extraite de l'Histoire de la nature des oyseaux

Son Histoire de la nature des oyseaux, avec leurs descriptions et naïfs portraicts retirez du naturel de 1555 est supérieure. Dans ce traité, de 381 pages, il décrit tous les oiseaux qu'il connaît. Il les regroupe suivant leur comportement et leur anatomie : les oiseaux de proie, les oiseaux d'eau, les omnivores, les petits oiseaux, subdivisés à leur tour en insectivores et en granivores. L'ouvrage comporte 14 gravures.

Belon connaît moins de langues que Conrad Gessner, mais, ses observations sont bien meilleures, étayées notamment par des observations dans la nature, ainsi que des descriptions anatomiques résultant manifestement de nombreuses dissections. Il compare les becs et les serres, tente de rassembler des formes anatomiques communes. Il compare le squelette d'un être humain et d'un oiseau, ce qui est la première tentative d'comparée. Cette idée ne sera reprise que quelques centaines d'années plus tard par Félix Vicq d'Azir et Étienne Geoffroy Saint-Hilaire. Mais Belon lui-même n'exploite que fort peu ses observations sur les similarités entre ces deux squelettes et n'en tire pas de conclusion pratique. De plus, il commet des erreurs notables, comme de placer les chauves-souris dans la catégorie des oiseaux.

Son livre est maintes fois vanté dans les siècles suivants, pourtant il reste presque ignoré par ses contemporains car, la même année, paraît l’Historia animalium de Conrad Gessner. Parfois des descriptions de certaines espèces ne coïncident pas avec les illustrations, ce qui porte confusion chez les auteurs ultérieurs.

Son second livre d'ornithologie est Pourtraicts d'oyseaux publié à Paris, en 1557. Il comporte 174 gravures, la plupart faites à partir des propres dessins de Belon.

Plantes

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Pinus, De Arboribus Coniferis (1533).

Il s'intéresse également à la botanique et, notamment, à l'acclimatation des végétaux exotiques. Il publie, en 1553, un traité sur les conifères et autres végétaux à feuillage persistant (D’arboribus coniferis, resiniferis, aliisque, nonnullis sempiterna fronde virentibus...), l'un des premiers traités sur ces végétaux. En 1558, il préconise dans Les Remonstrances sur le défault du labour et culture des plantes et de la cognoissance d'icelles... l'acclimatation des végétaux exotiques ; c'est lui d'ailleurs, qui, le premier en France, sème des platanes. On lui doit l'introduction en France de l'arbre de Judée, du chêne-liège, du pistachier, du cèdre, du jujubier, du genévrier d'orient, et de la myrte. Dans ses descriptions de botanique, sans doute influencé par ses connaissances d'apothicaire, il accorde une grande attention aux propriétés thérapeutiques des végétaux qu'il cite.

Il est le premier à citer de nombreuses plantes du Moyen-Orient comme Platanus orientalis, Umbilicus pendulinus, connu aussi sous le nom de cotyledon, Acacia vera, Caucalis orientalis, etc. Il s'intéressera à l'acclimatation du platane d'Anatolie dans le domaine de Touvoie, qui ne réussira que lorsque Buffon le fera planter dans le jardin du Roi3.

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Date de dernière mise à jour : 20/10/2026

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