ADANSON MICHEL.
ADANSON MICHEL
Michel Adanson, né le 7 avril 1727 à Aix-en-Provence et mort le 3 août 1806 à Paris, est un naturaliste français d'ascendance écossaise. Il a exploré des régions peu connues des Européens, comme le Sénégal ou les Açores. Principalement botaniste, systématicien original, auteur d'un mémoire célèbre sur le baobab, il a aussi apporté des contributions à la zoologie, à la géographie, à l'ethnographie et aux recherches sur l'électricité.
Fiche biographique complète
Michel Adanson (1727-1806)
Botaniste, naturaliste, explorateur et encyclopédiste français
Michel Adanson est l'un des plus grands naturalistes français du XVIIIᵉ siècle. Il est considéré comme un pionnier de la botanique moderne, de la classification naturelle des êtres vivants et de l'étude scientifique des plantes tropicales. Son œuvre a exercé une influence majeure sur le développement de la systématique botanique avant l'époque de Charles Darwin.
État civil
- Nom complet : Michel Adanson
- Naissance : 7 avril 1727 à Aix-en-Provence (France).
- Décès : 3 août 1806 à Paris (France).
- Nationalité : Française.
Formation
Après des études classiques, Adanson rejoint Paris où il suit l'enseignement des plus grands savants de son époque au Jardin du Roi (actuel Muséum national d'Histoire naturelle).
Il se passionne très tôt pour :
- la botanique ;
- la zoologie ;
- la géologie ;
- l'ethnographie ;
- les sciences naturelles.
Voyage au Sénégal (1749-1754)
Entre 1749 et 1754, Adanson effectue une longue mission scientifique au Sénégal, alors colonie française.
Durant ce séjour, il :
- collecte des milliers de spécimens végétaux ;
- étudie la flore tropicale africaine ;
- observe les animaux et les populations locales ;
- réalise des relevés climatiques et géographiques.
Ce voyage constitue l'une des premières grandes expéditions naturalistes françaises en Afrique.
Découverte du baobab
Adanson est célèbre pour avoir réalisé la première étude scientifique approfondie du baobab africain :
Adansonia digitata L.
Ce travail impressionne fortement les botanistes européens.
En son honneur, le botaniste Carl von Linné créera plus tard le genre :
Adansonia
qui regroupe les différentes espèces de baobabs.
Contributions à la botanique
Classification naturelle
À une époque où domine le système artificiel de Linné basé essentiellement sur les organes reproducteurs, Adanson propose une méthode plus globale.
Selon lui, une classification doit prendre en compte :
- l'ensemble des caractères de la plante ;
- la morphologie ;
- l'anatomie ;
- les fruits ;
- les graines ;
- l'écologie.
Cette approche annonce les méthodes modernes de classification phylogénétique.
Familles naturelles
Son œuvre majeure :
Familles des plantes (1763)
décrit près de 1 600 genres répartis dans 58 familles naturelles.
Cet ouvrage est considéré comme l'un des fondements de la taxonomie moderne.
Œuvres principales
Botanique
- Histoire naturelle du Sénégal (1757)
- Familles des plantes (1763)
Zoologie
- Études sur les mollusques.
- Travaux sur les invertébrés marins.
Sciences naturelles
- Recherches sur les arbres tropicaux.
- Études de géographie naturelle.
- Travaux de statistique scientifique.
Vision scientifique
Adanson défend l'idée que tous les êtres vivants doivent être étudiés à partir du maximum de caractères observables.
Cette méthode se distingue de celle de Linné, jugée trop simplificatrice.
Il cherche à établir des relations naturelles entre les organismes plutôt que des regroupements artificiels.
Distinctions
- Membre de l'Académie royale des sciences.
- Correspondant de nombreuses sociétés savantes européennes.
- Reconnu comme l'un des grands naturalistes des Lumières.
Hommages botaniques
Plusieurs taxons ont été dédiés à Adanson :
Genre
Adansonia L. (Baobabs)
Famille
Adansoniaceae (anciennement utilisée dans certaines classifications)
Abréviation botanique
L'abréviation officielle utilisée en nomenclature botanique est :
Adans.
Exemple :
Adansonia digitata L.
Importance historique
Michel Adanson est aujourd'hui considéré comme :
- un précurseur de la systématique moderne ;
- un pionnier de la botanique tropicale ;
- l'un des premiers naturalistes à rechercher une classification naturelle des êtres vivants ;
- une figure majeure de la science française du XVIIIᵉ siècle.
Son œuvre a contribué à préparer les développements ultérieurs de la botanique, de l'écologie et de l'évolution.
Résumé
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Information |
Détail |
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Nom |
Michel Adanson |
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Naissance |
7 avril 1727, Aix-en-Provence |
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Décès |
3 août 1806, Paris |
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Nationalité |
Française |
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Spécialités |
Botanique, systématique, histoire naturelle |
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Ouvrage majeur |
Familles des plantes (1763) |
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Genre dédié |
Adansonia |
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Abréviation botanique |
Adans. |
Michel Adanson demeure l'un des plus grands botanistes français de tous les temps et l'un des fondateurs de la classification naturelle des plantes.
Biographie
Premières années
Jacques, le grand-père paternel de Michel Adanson, appartenait à ces familles écossaises qui suivirent en France Jacques II d'Angleterre (Jacques VI d'Écosse), détrôné en 1688. Léger, son père, natif de Ville jacques, en Auvergne, époux d’une Aixoise, Marthe Buisson, était écuyer de Mgr de Vintimille, archevêque d’Aix-en-Provence. Michel Adanson avait un frère cadet, Jean-Baptiste, qui allait être drogman et chancelier de France en Orient.
Mgr de Vintimille ayant été nommé au siège épiscopal de Paris, la famille Adanson le suivit dans la capitale, où le jeune Michel fut un des plus brillants élèves du collège Sainte-Barbe. Remarqué par le célèbre John Turberville Needham, il reçut de lui un microscope, avec ces paroles : « Puisque vous avez si bien appris à connaître les ouvrages des hommes, vous devez maintenant étudier ceux de la nature ». Il avait alors 14 ans ; Georges Cuvier écrit : « il n'eut point de jeunesse ; le travail et la méditation le saisirent à son adolescence, et pendant près de soixante-dix ans tous ses jours, tous ses instants furent remplis par les recherches laborieuses d'un savant de profession2 ».
Voyage au Sénégal
Adanson suivit les cours de Ferchault de Réaumur et de Bernard de Jussieu au Jardin du roi, ancêtre du Muséum national d'histoire naturelle.
Désirant voyager et explorer, il se décida pour le Sénégal, la mauvaise réputation de son climat en ayant éloigné les autres naturalistes3. Il fit donc, à ses frais, un voyage dans ce pays (du 20 décembre 1748 au 18 février 1754) ; Jussieu lui obtint un poste, très modeste, de commis à la Compagnie des Indes. Durant la traversée, malgré son mal de mer4, il visita les Açores et les Canaries. Au Sénégal, il décrivit un nombre considérable de plantes et d'animaux nouveaux, mais fit aussi beaucoup d'observations géographiques et ethnographiques. Il observa un poisson électrique, le rapprochant de la bouteille de Leyde. D'Afrique, il envoya à Réaumur les minéraux et les collections zoologiques qu’il avait recueillis ; à l’astronome Le Monnier, ses observations astronomiques et météorologiques ; et à Jussieu ses collections botaniques, classées suivant une méthode naturelle.
Après cinq ans, il ramena d’importantes collections botaniques, dont plus de mille récoltes (conservées aujourd’hui au Muséum national d'histoire naturelle) ainsi que plus de 300 plantes vivaces qu’il acclimatera au Jardin du Roi à Versailles. Il rapportait également 33 espèces d'oiseaux qui sont décrites par Mathurin Jacques Brisson dans son livre Ornithologie ou méthode contenant la division des oiseaux en ordres, sections, genres, espèces et leurs variétés (tome 1 en 1760). Il publia le compte rendu de son voyage en 1757 sous le titre : Histoire naturelle du Sénégal. Cet ouvrage contient le récit de son voyage et la description des coquillages observés et récoltés. L'ouvrage se vendit mal et, après la faillite de l'éditeur et le remboursement aux souscripteurs, Adanson estima que le livre lui avait coûté5 000 livres ; sa situation financière s'en ressentit toujours.
Il publia également en 1761 un mémoire illustré sur le baobab, dont il fit connaître l’accroissement progressif. Il décrivait déjà cet arbre dans son livre sur le Sénégal : « un arbre dont la grosseur prodigieuse attira mon attention. C’était un calebassier, autrement appelé pain-de-singe, que les Wolofs nomment goui dans leur langue ». Adanson composa également un mémoire sur les arbres qui produisent la gomme d’Arabie (Acacia senegal), l’un des principaux objets du commerce du Sénégal à cette époque.
Outre le baobab, grâce aux liens établis avec des Sénégalais (il se débrouillait en wolof), il découvrira la gomme arabique, l'indigo, les palétuviers, le palmier à huile.
Systématique
Mais ces ouvrages imprimés sont peu de chose en comparaison de la masse extraordinaire de manuscrits laissés par Adanson. Toutefois la notoriété de ses écrits, et notamment sa description des coquillages observés et récoltés au Sénégal, lui permit d'entrer en 1757 (à trente ans), à l'Académie des sciences en remplacement de Fougeroux de Bondaroy et il fut nommé censeur royal en 1758. Installé dès son retour du Sénégal chez le botaniste Bernard de Jussieu, il cherchera pendant plus de dix ans à ordonner ses collections botaniques. Sous l’influence de Jussieu, il élabora une méthode de classification qui rejetait les systèmes — jugés artificiels — de John Ray, Tournefort et Linné. Il put ainsi publier en 1763 son livre intitulé Familles des Plantes, qui présentait cette nouvelle classification ainsi qu’une nouvelle nomenclature basée sur 65 caractères végétaux et pas seulement ceux de la fleur comme proposé par Linné. Il devint membre de la Royal Society en 1761 et associé-botaniste à l'Académie des Sciences en 1773.
Adanson soumit le 15 février 1775 à l'Académie des sciences le plan d'une œuvre immense, couvrant tous les êtres connus. Elle consistait en 27 gros volumes expliquant les relations entre toutes les entités ; il y avait de plus 150 volumes de plus, consacrés à 40 000 espèces, un glossaire de 200 000 mots, des mémoires particuliers, 40 000 figures et 30 000 spécimens des trois règnes de la nature. Un comité conseilla fortement à Adanson de publier séparément tout ce qui était de son cru, laissant de côté ce qui n'était que compilation11. Adanson rejeta obstinément le conseil, et le travail, qu'il poursuivit et auquel il consacra ses ressources, ne fut jamais publié. À cette époque, le jeune mais ambitieux Antoine-Laurent de Jussieu, neveu de Bernard de Jussieu, considérait la classification proposée par Adanson comme une copie de celle proposée par son oncle alors qu’elle résultait plutôt de leur coopération passée ; toutefois, l'ouvrage d'Adanson venait d'ouvrir la voie au sien, Genera plantarum (1789).
Il a aussi rédigé plus de 450 articles pour le Supplément à l'Encyclopédie.
Vie personnelle
Le 27 mai 1775, Jeanne Bénard, son épouse, mit au monde leur unique enfant Aglaé Adanson, qui suivra plus tard ses traces. Ce bonheur fut de courte durée ; le couple divorça en 1784 et Aglaé vivra avec sa mère chez Girard de Busson, ami proche de sa mère. En 1785, la jeune fille fut mise en pension au couvent des Dames du Calvaire à Paris.
On ne connaît à Adanson aucun élève. Pierre Sonnerat était son correspondant à l'Académie.
Fin de vie
Appauvri par son voyage au Sénégal, Adanson aurait pu vivre et satisfaire à ses besoins de savant avec ses fonctions et ses pensions ; mais il conservait l’idée de réaliser à lui seul son encyclopédie et y consacrait tous ses moyens. Louis XVI lui accorda l’usage de l'Imprimerie royale pour les 27 volumes qui devaient former cet ouvrage dont le titre aurait été Ordre universel de la nature. La Révolution arriva et ses moyens financiers lui furent supprimés. La perte à laquelle il fut le plus sensible fut celle du jardin où, depuis plusieurs années, il suivait d’importantes expériences sur les végétaux et en particulier sur les mûriers.
Malgré ses difficultés pécuniaires, il refusa les offres faites par l’empereur d’Autriche, par l’impératrice Catherine II et par le roi d’Espagne pour s’établir dans leur État.
La réalité de sa profonde misère ne fut révélée qu’au moment de la création de l’Institut, en 1798. Invité à venir prendre place parmi les membres de l’Académie des sciences, il répondit qu’il manquait de chaussures pour y aller. Le ministre Benezech lui fit accorder une pension de 6 000 francs et plus tard Napoléon I doubla cette somme.
Adanson, presque octogénaire, présida encore, en 1800, l’assemblée des souscripteurs pour élever un monument à la mémoire de Desaix.
Il mourut dans la solitude et le plus complet dénuement. Il s’exclama, en mourant : « Adieu, l’Immortalité n’est pas de ce monde… » Il avait demandé, dans son testament, qu’une guirlande de fleurs, prises dans les cinquante-huit familles de plantes qu’il avait établies, fût la seule décoration de son cercueil4.

Tombe au cimetière du Père-Lachaise (division 23), lithographie d'Émile Lassalle

Michel Adanson
Michel Adanson1
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Données clés |
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Profession |
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Famille |
Aglaé Adanson (fille), Alexandre Adanson (neveu), Émile-Auguste Doûmet (petit-fils) |
Date de dernière mise à jour : 18/10/2026
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