Il reçoit en 1806 la mission de parcourir tout l'Empire pour reconnaître l'état de l'agriculture et publie à son retour, dans les Mémoires de la Société d'agriculture 1807-1813, trois importants rapports sur ce sujet. À la mort de Pierre Marie Auguste Broussonet (1761-1807), il obtient la chaire de botanique à la Faculté de Médecine de Montpellier. En 1813, il fait paraître sa Théorie élémentaire de la botanique, son chef-d'œuvre : il y enseigne les rapports naturels qu'ont entre elles les diverses parties de la plante et analyse la valeur de chacune de ces parties.
En 1807, il effectue une traversée d'est en ouest des Pyrénées, dans le but de répertorier la flore locale. Il identifie notamment une fleur qui a été depuis nommée en son honneur, l'Orpin de Candolle, Sedum candollei. Cette traversée a été rééditée en 1999 et 2007 pour remettre à jour les données scientifiques acquises.
Persécuté en 1815 pour avoir accepté pendant les Cent-Jours les fonctions de recteur de l'Académie de Montpellier, il se voit obligé par la Restauration de quitter la France et il regagne Genève en 1816. Sa ville, en accord avec le Sénat Académique, lui crée une chaire d'histoire naturelle, avec le premier jardin botanique de la ville, dans le Parc des Bastions, et il est élu membre du conseil souverain (parlement cantonal). Parmi ses étudiants figurent Charles Daubeny (1795-1867), Alphonse de Candolle (1806-1893), Edmond Boissier (1810-1885) et Karl Wilhelm von Nägeli (1817-1891).
Après avoir exposé les principes d'une nouvelle classification botanique dans sa Théorie élémentaire de la botanique, il entreprend en 1818 un travail titanesque : rédiger la description de toutes les plantes connues (tâche dont il reconnaîtra à la fin de sa vie qu'elle était beaucoup trop grosse pour lui). Il en publie deux premières parties (Regni vegetabilis systema naturale, 1818-1821), mais, ne pouvant pas poursuivre ce projet, il le reprend dans un ouvrage abrégé, Prodromus Systematis Naturalis Regni Vegetabilis, continué après sa mort par son fils Alphonse Pyrame de Candolle (1806-1893) puis son petit-fils Casimir de Candolle (1836-1918) (17 vol. in-8o, 1824-1873). Il y travaille jusqu'à sa mort, notamment dans sa villa du bord du lac Léman, où Christian von Steven vint lui rendre visite en 1821. Cet ouvrage immense décrit 58 975 espèces de plantes. Augustin de Candolle a été un mentor pour le botaniste Jean-Louis Berlandier.
On lui doit encore l’Organographie (2 vol. in-8o, 1827) et la Physiologie végétale (3 vol. in-8o, 1832), ainsi que la Théorie élémentaire. Outre ces divers ouvrages, Candolle a produit un grand nombre de mémoires et d'articles détachés, parmi lesquels on remarque ses Expériences relatives à l'influence de la lumière sur les végétaux (1800) et son Essai élémentaire de Géographie botanique (1820), considéré par certains auteurs comme acte fondateur de la biogéographie historique.

La maison de maître « La Petite Pierrière», à Pregny, où vécut Augustin-Pyramus de Candolle de 1825 à 1841.
N'ayant jamais adhéré à la possibilité d'une évolution biologique (seule la théorie de Lamarck avait été formulée à l'époque), il s'attache pourtant à découvrir les lois intimes de la morphologie végétale, en suivant les organes des plantes dans leurs transformations, et en formulant des explications aux anomalies qu'il y observe. Il fait triompher définitivement le principe de la méthode naturelle (à qui il faudra encore un siècle et demi pour pleinement atteindre ses objectifs) et met à profit son accès aux collections pour pousser aussi loin que possible la description de nouvelles espèces (à la fin de sa carrière, le nombre d'espèces végétales connues s'élève à 80 000). Candolle était associé étranger de l'Institut de France. Pierre Flourens a prononcé son Éloge à l'Académie des sciences, en 1842.
Il a laissé lui-même des Mémoires sur sa vie, qu'il a selon ses dires commencés à écrire en 1821 et qui seront publiées de manière posthume, en 1862, par son fils. Il est lauréat de la Royal Medal en 1833 pour ses travaux de physiologie végétale.
Augustin de Candolle est enterré au Cimetière des Rois de Genève.
Contributions majeures
1. Créateur de la taxonomie moderne
Dans son ouvrage « Théorie élémentaire de la botanique » (1813), il développe les principes d'une classification naturelle des végétaux fondée sur l'ensemble de leurs caractères morphologiques. Il introduit le terme taxonomie dans son sens scientifique moderne.
2. Le « Prodromus »
Son œuvre monumentale, le Prodromus Systematis Naturalis Regni Vegetabilis, visait à décrire toutes les plantes connues du monde. Commencée en 1824, elle fut poursuivie après sa mort par son fils Alphonse de Candolle.
3. Pionnier de la géographie botanique
Il fut parmi les premiers à étudier scientifiquement les relations entre les végétaux et leur environnement, ouvrant la voie à l'écologie végétale moderne.
Son abréviation botanique
Lorsqu'un nom scientifique est suivi de DC., cela signifie qu'il a été décrit par Augustin-Pyramus de Candolle.
Exemples :
- Acer monspessulanum L.
- Cistus albidus L.
- Senecio viscosus DC.
L'abréviation officielle de botaniste est DC.
Quelques chiffres impressionnants
Selon la Fondation Klorane, De Candolle a :
- défini 25 familles botaniques ;
- décrit 519 genres ;
- décrit environ 5 846 espèces végétales.
Héritage
Avec Linné, Lamarck, Jussieu et plus tard Bentham & Hooker, Augustin-Pyramus de Candolle fait partie des figures majeures ayant façonné la botanique systématique moderne. Son influence se retrouve encore aujourd'hui dans les classifications phylogénétiques actuelles, y compris le système APG.
Si vous le souhaitez, je peux également préparer une fiche botanique complète au format A4 illustrée sur Augustin-Pyramus de Candolle, dans le même style que celles réalisées pour Francis Hallé ou Marc-André Selosse.
Publications
- (la) Augustin Pyrame de Candolle (vol. 1-7), Alphonse Pyrame de Candolle (vol. 8-17) et al., Prodromus Systematis Naturalis Regni Vegetabilis : sive, enumeratio contracta ordinum generum specierumque plantarum huc usque cognitarum, juxta methodi naturalis normas digesta, Paris, Sumptibus Sociorum Treuttel et Würtz, 1824-1873.
- Flore française, ou Descriptions succinctes de toutes les plantes qui croissent naturellement en France, Paris, Desray, libraire, 1815.
Hommages
Iconographie
- 1845 - buste d'Augustin Pyrame de Candolle, par James Pradier, original en bronze placé dans l’ancien jardin botanique, devenu le parc des Bastions. À la suite des travaux du Monument international de la Réformation (dès 1909), une réplique est réalisée car l’original devait être déplacé et se dégradait, la réplique est inaugurée en 1914. L’original se trouverait au Musée d'art et d'histoire. Une réplique en fonte réalisée en 1979/1980 se trouve au Jardin botanique de Genève (Fonds d'art contemporain de la Ville de Genève - FMAC). Les témoins de 1845, et en particulier la famille de Candolle, affirment que le portrait sculpté n'est en rien ressemblant.