MULLER SERGE

Biographie
Serge Muller est un botaniste, écologue et phytosociologue français né en 1953 à Sarreguemines (Moselle). Ingénieur agronome de l'Institut National Agronomique Paris-Grignon (1976), il a obtenu un doctorat de 3e cycle en écologie végétale en 1978 puis un doctorat d'État ès Sciences naturelles en 1986 à l'Université Paris XI-Orsay.
Sa carrière s'est déroulée successivement au Parc naturel régional des Vosges du Nord, à l'Institut National Agronomique Paris-Grignon, à l'Université de Metz devenue Université de Lorraine, puis au Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN). Depuis 2021, il est Professeur émérite du Muséum national d'Histoire naturelle.
Ses recherches portent principalement sur l'impact des activités humaines sur la biodiversité végétale, la conservation des habitats naturels, la restauration écologique et la gestion des espèces menacées ou invasives.
Fonctions professionnelles
Depuis le 1/09/2021 – Nommé Professeur émérite du Muséum National d’Histoire Naturelle.
2015 à 2021 - Nommé dans le corps des Professeurs du Muséum National d’Histoire Naturelle (décret du 28-1- 2016) au grade de Professeur de classe exceptionnelle. Promu au 2ème échelon de la classe exceptionnelle le 1-1-2017.
2014 à 2015 - Détaché comme Professeur du Muséum National d’Histoire Naturelle, dans l’UMR 7205 (Institut de Systématique, Evolution, Biodiversité).
1990 à 2014 – Nommé Maître de Conférences, puis Professeur à l’Université Paul Verlaine – Metz, (promu Prof. de 1ère classe au 1.1.1999, puis Prof. de classe exceptionnelle le 1.9.2011), devenue Université de Lorraine depuis le 1.1.2012.
1981 à 1990 – Nommé Assistant (de 1981 à 1986), puis Maître-Assistant (de 1986 à 1990) de Botanique et Ecologie végétale à l’Institut National Agronomique Paris-Grignon (INAPG).
1978 à 1981 - Chargé de mission au Parc Naturel Régional des Vosges du Nord
1976 à 1978 - Allocataire de recherche 3è cycle à l’Université Paris XI (Orsay)
Titres universitaires
1986 Docteur d’Etat ès Sciences naturelles, Univ. Paris XI (Orsay) : « La végétation du Pays de Bitche (Vosges du Nord). Analyse phytosociologique. Application à l’étude synchronique des successions végétales ».
1978 Docteur de 3è cycle en écologie végétale, Univ. Paris XI (Orsay), « Contribution à la synsystématique des hêtraies d’Europe occidentale et centrale »,
1976 Ingénieur agronome, Institut National Agronomique Paris-Grignon
1976 DEA Ecologie végétale, Univ. Paris XI (Orsay)
Activités de recherche
La thématique générale de recherche que j’ai développée à l’INAPG et à l’Université de Metz correspond à l’étude de l’impact des activités anthropiques sur la biodiversité au niveau des espèces végétales et des habitats naturels, dans différents types de milieux (forestiers, prairiaux, zones humides et aquatiques), en vue de définir des modes de gestion conservatoire ou de restauration. J’ai animé une dizaine de programmes de recherche, dirigé ou co-dirigé 14 thèses de doctorat et publié plus d’une centaine de publications scientifiques dans des revues à comité de lecture sur ces sujets.
Ces travaux ont concerné différents types d’habitats :
- Les communautés macrophytiques en eau courante affectées par les effets des perturbations et dysfonctionnements anthropiques. Une séquence originale de groupements végétaux bio-indicateurs de l’eutrophisation progressive de ces cours d’eau a pu être établie pour des eaux acides faiblement minéralisées.
- La biodiversité et le fonctionnement des communautés herbacées, avec l’étude de l’impact des perturbations anthropiques liées à leur exploitation (fauche, pâturage selon différentes modalités, intensification, fertilisation), ainsi qu’à la déprise agricole et aux dépôts atmosphériques azotés. Les modalités de gestion conservatoire d’espèces rares et menacées de ces milieux herbacés (comme Botrychium matricariifolium, Carex hordeistichos, Senecio sarracenicus, etc.) ont été étudiées.
- Les impacts des invasions biologiques sur la biodiversité végétale. Les invasions biologiques constituent, avec la destruction des milieux et les pollutions, une des principales causes d’érosion de la biodiversité au niveau international. C’est pourquoi, une part importante de mes activités a été consacrée à l’étude des mécanismes et des conséquences de ces invasions, tant au niveau d’espèces aquatiques (thèse de F. Di Nino sur Elodea canadensis et E. nuttallii dans le cadre du programme INVABIO), que terrestres (travaux, en collaboration avec A. Schnitzler, sur Reynoutria japonica et sur les EEE à l’île de La Réunion, etc.).
Depuis mon recrutement au MNHN en octobre 2014, j’ai lancé une nouvelle thématique de recherche originale en France consistant en l’utilisation les échantillons d’herbiers (avec les informations figurant sur les étiquettes) comme des indicateurs des modifications environnementales. Cette thématique a été développée en particulier pour les milieux forestiers en partenariat avec J.C. Gégout, Prof. à AgroParisTech. Avec l’aide de trois étudiants de master (en 2015, 2016 et 2017), nous avons mis en évidence des modifications morphologiques et phénologiques significatives des plantes forestières (plus grandes et plus fines, développement plus précoce), qui ont été mises en relation avec les changements globaux.
J’ai en outre co-dirigé, avec J.Y. Dubuisson, la thèse (2016/20) de M. Mathieu Gardère sur « L’histoire et l’évolution des campanules de l’archipel du Cap vert ».
Domaines de spécialisation
- Phytosociologie
- Écologie végétale
- Conservation de la biodiversité
- Gestion des zones humides
- Restauration écologique
- Biologie de la conservation
- Plantes invasives
- Gestion des milieux naturels protégés
Contributions majeures
Conservation de la flore menacée
Il a contribué à de nombreux programmes de sauvegarde d'espèces végétales rares en France métropolitaine et outre-mer.
Étude des zones humides
Ses travaux concernent la conservation des tourbières, marais, prairies humides et milieux aquatiques en Europe et en Afrique du Nord.
Lutte contre les espèces invasives
Il est notamment connu pour avoir coordonné l'ouvrage de référence :
« Plantes invasives en France : état des connaissances et propositions d'actions ».
Restauration écologique
Il a participé à l'élaboration de méthodes de restauration d'habitats naturels dégradés et de suivi scientifique des opérations de génie écologique.
Principales publications
La végétation du Pays de Bitche (1986)
Thèse d'État portant sur l'analyse phytosociologique et les successions végétales des Vosges du Nord.
Plantes invasives en France : état des connaissances et propositions d'actions (2004)
Ouvrage collectif devenu une référence nationale sur les invasions biologiques végétales.
Les invasions biologiques (2010)
Contribution importante sur les impacts des espèces invasives sur les communautés et les écosystèmes.
Nombreux articles scientifiques
- Conservation des zones humides méditerranéennes.
- Écologie des tourbières.
- Plantes rares et menacées.
- Dynamique des invasions biologiques.
- Gestion conservatoire des habitats naturels.
Distinctions scientifiques
Au cours de sa carrière, Serge Muller a :
- dirigé ou codirigé 14 thèses de doctorat ;
- animé une dizaine de programmes de recherche ;
- publié plus d'une centaine d'articles scientifiques dans des revues à comité de lecture.
Résumé en 5 points
- Botaniste et écologue français né en 1953 à Sarreguemines.
- Professeur émérite du Muséum national d'Histoire naturelle depuis 2021.
- Spécialiste de la conservation de la biodiversité végétale et des zones humides.
- Auteur de travaux majeurs sur les plantes invasives et la restauration écologique.
- Figure importante de la phytosociologie et de la biologie de la conservation en France.
Importance en botanique
Serge Muller est considéré comme l'un des principaux spécialistes français de l'écologie de la conservation. Ses travaux ont largement contribué à la protection des habitats naturels, à la gestion des espèces végétales menacées et à la compréhension des invasions biologiques en France et dans l'espace méditerranéen.