JUSSIEU ANTOINE-LAURENT
Antoine-Laurent de Jussieu (1748-1836)
Antoine de Jussieu (6 juillet 1686, Lyon - 22 avril 1758, Paris) est un botaniste et médecin français. Il a, entre autres, expérimenté l'effet de certaines plantes contre les fièvres.
Antoine-Laurent de Jussieu est l'un des plus grands botanistes français et le fondateur de la classification naturelle des plantes, base de la taxonomie botanique moderne.
Naissance : 12 avril 1748 à Lyon.
Décès : 17 septembre 1836 à Paris.
Antoine de Jussieu

Lyon
(À 71 ans)
Paris
Biographie
Naissance et formation
Antoine, frère de Bernard et de Joseph est le fils de Laurent de Jussieu, docteur en médecine et maître apothicaire à Lyon, et de Lucie Cousin. Il a fait ses premières études au collège des Jésuites de Lyon. Il a ensuite entrepris des études de théologie avant de découvrir la botanique. Il décide alors d'entreprendre des études à la Faculté de médecine de Montpellier. Sa passion le conduit à herboriser en Normandie et en Bretagne.
Neveu d'Antoine, de Bernard et de Joseph de Jussieu, il commence ses études à Lyon. En 1766, son oncle, Bernard, l'appelle auprès de lui à Paris, où il termine ses études de médecine. En 1773, il présente son Examen de la famille des Renoncules à l'Académie des sciences, ce qui lui vaut d'y être élu membre. En 1770, il remplace Louis-Guillaume Le Monnier au poste de démonstrateur au Jardin du roi.
Il développe les idées de son oncle Bernard de Jussieu sur la classification des végétaux suivant un système basé sur la morphologie des plantes. En 1774, il fait paraître son Exposition d'un nouvel ordre des plantes, adopté dans les démonstrations du Jardin royal dans les Mémoires de l'Académie des sciences, complétée quinze ans plus tard par son Genera plantarum secundum ordines naturales disposita.
Georges Cuvier en parlera comme d'«un livre admirable, qui fait dans les sciences d'observation une époque peut-être aussi importante que la chimie de Lavoisier dans les sciences d'expérience ». La méthode employée par Antoine-Laurent dans son Genera Plantarum sera reprise en zoologie par Cuvier avec sa loi de subordination des organes, et affinée puis formalisée par Augustin Pyrame de Candolle, qui la complétera en apportant de nouvelles distinctions dans la classification. Cette œuvre est à la base de toute la classification actuelle des végétaux supérieurs ; en effet, on y retrouve la majorité des genres et familles décrites par Antoine-Laurent, qui ont été postérieurement corrigées et/ou complétées, puis enfin confortées par les résultats de la phylogénie.
Franc-maçon, il est membre de la loge des Neuf Sœurs.
En 1794, il est nommé directeur du nouveau Muséum national d'histoire naturelle, et il y fonde immédiatement une bibliothèque. En 1804, il occupe la chaire de Professeur de botanique à la faculté de médecine de Paris, il y restera jusqu'en 1826. En 1829, il devient membre étranger de la Royal Society. Devenu presque aveugle, il se démet de sa chaire au Muséum au profit de son fils Adrien.
En 1837, à la fin de sa vie Jussieu vient saluer le Pin laricio qu'il avait planté en 1774. Gravure extrait de Paul-Antoine Cap, Le Muséum d'histoire naturelle..., L. Curmer, Paris, 1854.
Il est inhumé au cimetière du Montparnasse (1re division).
En 1838, son nom est donné en hommage à la rue Saint-Victor, qui devient rue Jussieu. Cette rue donnera plus tard son nom à la place Jussieu et la station de métro Jussieu.
Ces recherches le font remarquer par Guy Fagon, Premier médecin du roi Louis XIV et surintendant du Jardin royal des plantes médicinales. Fagon le recommande pour le poste de professeur de botanique du Jardin du roi, laissé vacant par la mort de Tournefort en 1709, dont Antoine était un grand admirateur.
Chercheur botaniste de l'Académie des Sciences
Antoine de Jussieu est admis à l'Académie des sciences en 1711. En 1716, Fagon lui confie une mission en Espagne et au Portugal afin d'y recueillir des plantes. Antoine demandera à son frère Bernard de l'accompagner. À son retour, il fait paraître dans les Mémoires de l'Académie des sciences la relation de son voyage. Il crée une classe à part de plantes pour les champignons et les lichens dans un mémoire présenté en 1728 devant l'Académie royale des sciences.
Il est chargé du cours de matière médicale à Faculté de médecine de Paris. Son enseignement fera l'objet d'une publication posthume, en 1772, intitulé le Traité des vertus des plantes. Parallèlement à son activité de botaniste, de Jussieu n'a jamais cessé d'exercer la médecine. Cette double spécialité lui permet d'expérimenter l'intérêt de nombreuses espèces comme l'écorce de quassia, une Simaroubacée, contre les fièvres.
Antoine de Jussieu permet l'introduction du caféier dans les Antilles en 1720.
Pierre Baux devient son correspondant à l'Académie en 1757.
Son importance en botanique
Il développe les idées de son oncle Bernard de Jussieu et publie en 1789 son ouvrage majeur :
Genera Plantarum secundum ordines naturales disposita
Cet ouvrage établit une méthode de classification basée sur les caractères naturels des plantes plutôt que sur quelques critères artificiels, comme le faisait le système de Linné. Cette approche influencera durablement toute la botanique moderne.

Carrière
- Botaniste au Jardin du Roi puis au Muséum national d'histoire naturelle.
- Directeur du Muséum de 1794 à 1826.
- Président de l'Académie des sciences à la fin du XVIIIᵉ siècle.
Famille
Il est le père de Adrien de Jussieu (1797-1853), autre botaniste célèbre dont nous parlions précédemment.
Abréviation botanique
Lorsqu'un nom scientifique est suivi de :
Juss.
cela signifie que le taxon a été décrit par Antoine-Laurent de Jussieu.